Le RE est utile, et est souvent la seule solution (cf mon exemple de Samba, à ma connaissance Microsoft n'a jamais publié les spécifications détaillées de leur protocole SMB de partage de dossiers, que l'équipe de Samba a malgré tout pu arriver à faire un serveur pouvant tourner sur Linux et qui dialogue très bien avec dse Windows). Mais il faut dire que c'est difficile, long, sujet à erreur, donc si on peut s'en passer, on le fait. C'est pourquoi des gens (comme OpenBSD, mais bien d'autres) discutent plus ou moins diplomatiquement ("plus" au début", au bout d'un moment le langage est moins "diplomatique"...
) avec les constructeurs pour avoir les spécifications de matériels, ou avec de éditeurs pour des spécifications de protocoles ou de format de données (format Word, NTFS sont ceux qui me viennent en tête tout de suite, mais MS n'est pas la seule cible, loin de là)...
En ce qui concerne la loi DADVSI en elle-même, le problème est un peu différent, vu que la question centrale porte sur les "moyens de protection contre la copie", que beaucoup de gens (et pas seulement dans le monde du logiciel ou de l'art libres) refusent par principe. D'autres l'ayant dit mieux que moi, je résumerai juste en disant que les "MPC" (ou Digital Rights Managment en anglais) sont inefficaces techniquement par nature (*) dont totalement inutiles de fait. I.e. ils n'apportent rien. Si on rajoute qu'ils vont à l'encontre de la liberté de l'utilisateur/client (par exemple, lorsqu'il veut lire un CD disposant d'un MPC, il n'est pas sûr que sa chaine hifi puisse le lire, et c'est la croix et la banière pour se le faire rembourser), on comprend que certains gens les verraient bien disparaître avec soulagement.
(*) Deux points:
- la mystérieuse "faille analogique" du monde réel fait qu'on peut toujours copier ce qu'on veut, même si c'est plus ou moins facile. Au pire, on branche la sortie audio numérique (ou analogique, si on n'a que ça) de son PC vers l'entrée audio d'un enregistreur, et voilà, le MPC, quelqu'il soit, est contourné. Technique certifiée 100% efficace.
- Un certain nombre de MPC sont basés sur le principe de la cryptographie asymétrique: la donnée "protégée" par MPC est chiffrée de telle manière que seul l'utilisateur légitime disposant d'un logiciel implémentant l'algorithme de déchiffrement peut le lire. Pour cela, on lui fournit un moyen d'avoir la clé de déchiffrement, par exemple par un site web de vente de musique en ligne. Ainsi, une fois la clé achetée, il peut utiliser son logiciel pour lire le fichier musical. Et c'est là qu'on réfléchit deux minutes. On donne à l'utilisateur:
1) le fichier chiffré,
2) un logiciel implémentant l'algorithme de déchiffrement,
3) et la clé de déchiffrement.
Vous croyez encore qu'après ça on puisse parler de "MPC efficace" ?