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Quel est le bilan ?
Côté herbicides, c’est raté. Juste après la commercialisation des premiers OGM RoundUp Ready de Monsanto (tolérants au glyphosate), en 1996 aux États-Unis, la consommation d’herbicides a effectivement diminué. Mais l’usage répété du glyphosate sur ces cultures a favorisé l’évolution d’espèces d’herbes invasives résistantes à cet herbicide (2). Pour en venir à bout, les farmers ont déployé principalement deux stratégies : recourir à d’autres herbicides en complément du glyphosate, et augmenter les quantités d’herbicides appliquées (3). Ce qui explique qu’entre 2008 et 2012, les États-Unis ont concentré sur leur territoire le quart des applications mondiales d’herbicides (4), selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.
L’usage du glyphosate, en particulier, a été décuplé entre 1996 et 2016 : d’environ 13 600 à 131 500 tonnes/an, selon l’Institut d’études géologiques américain (5). En fin de compte, « le principal effet de l’introduction des cultures tolérantes à un herbicide a été de remplacer les herbicides traditionnels par du glyphosate », résume Seth Wechsler, chercheur au sein de l’USDA, qui précise que le glyphosate fait partie des molécules jugées les moins toxiques. Toutefois, face à sa perte d’efficacité, son utilisation baisse depuis quelques années au profit d’autres herbicides (graphique ci-dessous).
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