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Au début des années 2000, personne n'y a prêté attention… Les récoltes médiocres avaient été mises sur le compte des aléas ancestraux du métier d'agriculteur.
La France céréalière baignait alors dans l'euphorie de quatre décennies de progrès triomphants ; les rendements du blé, qui végétaient à moins de 2,5 tonnes de grains par hectare dans les années 1950, avaient été portés à la fin des années 1990 à plus de 7 tonnes/hectare ! Une révolution verte construite à grands coups d'engrais chimiques, de pesticides, d'herbicides, d'irrigation, de mécanisation et de nouvelles techniques de sélection des semences.
Seulement voilà… les moissons décevantes ont continué de s'enchaîner. Les statisticiens du ministère de l'Agriculture ont fini par se pencher sur la question. En 2007, il y avait suffisamment de recul pour affirmer que la série encours formait un plateau, les rendements du blé commençaient à stagner, raconte François-Xavier Oury, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). A un moment, on a même cru que les performances de cette céréale majeure étaient entrain de chuter, témoigne, encore fébrile, Christian Huyghe, directeur scientifique à l'Inra.
Malgré le recours aux moyens les plus modernes, les cultivateurs français parviennent difficilement à rééditer certains rendements records atteints en 1984, relève Philippe Gate, écophysiologiste à Arvalis-Institut du végétal. C'est déconcertant...
Déconcertant, voire humiliant pour une terre nourricière que l'on croyait bénie des dieux ; la France, premier producteur agricole européen, l'un des premiers exportateurs mondiaux de céréales et de semences !
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