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En Israël, la tradition juive de la circoncision utilisée pour refuser l'asile à une femme menacée d'excision.
On a beaucoup parlé d'excision et de circoncision dans les médias israéliens cette semaine. La ministre de l'Intérieur, Ayelet Shaked, a refusé d'accorder l'asile à une femme originaire de Sierra Leone, qui se disait menacée d'excision dans son pays natal. Pourtant, la Cour suprême d'Israël estime que les risques de mutilations sexuelles sont un critère d'éligibilité à l'asile, et les services de la ministre étaient favorables à l'accueil définitif de cette dame en Israël. Mais Ayelet Shaked est allée dans l'autre sens et elle a tout justifié dans un communiqué de presse.
Premier argument : "Une distinction doit être faite entre différents degrés de sévérité des procédures d'excision". Puis elle déclare qu'une part "infime" de femmes adultes subissent l'excision. Mais surtout "il est impensable, écrit la ministre dans ce communiqué, que l'Etat d'Israël accorde l'asile politique pour une persécution présumée, similaire ou proche par essence, d'une coutume commune à ses propres citoyens." En clair, Ayelet Shaked évoque la circoncision des petits garçons, une tradition centrale chez les juifs et aussi pratiquée largement dans certains pays occidentaux comme les Etats-Unis, pour des raisons purement médicales. La tradition de la circoncision est parfois critiquée comme étant une mutilation sexuelle. Or, Ayelet Shaked estime que l'État d'Israël doit préserver les coutumes juives en Israël et dans ce qu'on appelle la diaspora, c'est-à-dire les communautés juives partout ailleurs dans le monde.
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