transcription
Vincent Hervouët du service étranger de LCI
- donc finalement c'est la fin d'un long processus pour le kosovo?
- ha c'est pas la fin de l'histoire, au contraire, à mon avis le pire a plein d'imagination. l'indépendance c'est (cen)sé régler tous les problèmes du kosovo et on va voir à quel point elle va métastaser dans toute la région, à pouvoir se replonger dans les guerres balkaniques parce que c'est loin d'être fini, sans vouloir être pessimiste.
c'est une fin dans le sens où c'est la faillite de l'onu qui est en quelque sorte accomplie. l'administration onusienne a totalement échoué au kosovo, il faut le dire, 9 ans après. elle prétendait construire un état de droit, relancer l'économie, construire une société multi-ethnique. or on a un état quasi-mafieux, on a les 2/3 de la pop. kos. qui sont au chomage et il ne faut pas se laisser abuser par les joies étoiles sur le drapeau nouveau, là : les minorités comme les serbes ou les goranis vivent dans des enclaves que les hommes de l'otan ne protègeront pas éternellement, parce que l'otan, la kfor, tremble à l'idée que demain elle soit traitée comme l'ont été hier les soldats serbes par les hommes de l'uck, comme une armée d'occupation. donc c'est une faillite de l'onu qui renie tous ses principes. en plus, et c'est peut-être l'essentiel, l'intégrité territoriale c'est le principe même de la charte de l'onu, et la base du droit international. en prime, la résolution 1244, qui a mit en place l'administration provisoire, en 1999, enterrait noir sur blanc l'indep., la perspective de l'indépendance pour le kosovo. on a donc une faillite totale.
qu'est ce qui s'est passé entre-temps?
ce qui s'est passé essentiellement, c'est que on a vu le retour en paigaille des réfugiés du kosovo, la lacheté de l'administration devant le nettoyage ethnique, l'impunité totale des nouveaux maîtres qui régnaient à pristina, et puis le discrédit final de l'onu et de la kfor qui est incapable de faire régner l'ordre. et là dedans, finalement, c'était un boulevard, et personne ne peut croire, au kos., qu'on puisse imposer quoi que ce soit aux albanophones, de la même façon que personne ne peut croire que l'otan puisse s'opposer durablement à la volonté de washington.
- (alors) le président tchèque met en garde contre un effet domino en europe, est-ce qu'il y a un vrai risque pour les frontières de certains pays européens?
- (alors,) {avant dans?} l'europe il y a un précédent qui a été créé, et il n'y a pas que les basques, ou les flamands, ou je ne sais (pas) qui qui va essayer de s'engouffrer la-dedans, il y aura la russie par exemple qui va jouer de ses intérets, vous avez l'océtie, vous avez des tas de petits conflits, comme la transnistrie. et d'ailleurs c'est très frappant de voir que, en europe, qui est maintenant mise sous tension (et demain ils vont se réunir, et on verra bien qu'est ce qui va en sortir), et à priori, la france qui est le héros de l'indépendance kosovare (alors que l'allemagne, depuis longtemps, est beaucoup + prudente), l'angleterre l'est aussi, le héros, parce qu'elle est soumise aux états-unis ; (et bien) l'europe va être mise sous tension parce qu'on voit bien que les pays de la zone, chypre, les grecs, les slovènes, les roumains, tous les pays de la région qui connaissent les réalités de la guerre, les réalités tragiques de l'histoire des balkans, (et bien) sont beaucoup + prudents. donc on va avoir un déséquilibre régional. à terme, si tout se passe mal, vous aurez une revendication albanophone aussi en macédoine, la macédoine éclatera ; les serbes de bosnie vont dire : "pourquoi pas nous aussi, après tout, on n'est nous ne sommes pas rattaché à la serbie?" donc vous aurez l'éclatement de la bosnie herségovine, qui nous a quand même coûté 15 ans de problèmes, de migraines et de drames humains invraisemblables, donc c'est vraiment une espèce (de,) le résultat d'une politique de gribouille.
Message édité par hpdp00 le 18-02-2008 à 01:43:11
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du vide, j'en ai plein !