bourneagainshell a écrit :
La question de la science économique a déjà été traitée. C’est une science au même titre que l’histoire. On analyse et on décrit ce qui s’est passé avec rigueur selon une approche objective. Il n’y a pas de débat la dessus. Ce que l’opinion a du mal à comprendre c’est qu’elle s’attend que la science puisse prévoir ce qui va se passer dans le future. Comme les maths ou la physique. Si je mets de l’eau à 100 degrés , elle va bouillir. C’est une prévision vérifiable. En économie, on élabore également des modèles économiques donc si on met en place les conditions pour recreer ces modèles, on s’attend à retrouver les mêmes résultats. Or il n’en est rien. On a jamais pu prévoir quoi que ce soit. Y’a toujours des gens qui prétendront le contraire en disant que eux l’avait annoncé mais comme tout le monde dit tout et son contraire, forcément , quelqu’un tombera juste. Mais ce sera purement fortuit. D’ailleurs les explications que donnent ces Nostradamus sont souvent confuses. Pour rappel, une banque qui travaille sur l’anticipation des mouvements de marché travaille sur des probabilités de scénarios. Mais rien n’empêche au scénario ayant 1% d’avoir lieu de se réaliser. Pour rappel, la probabilité de la crise des subprimes équivalait au même probabilité de gagner trois fois de suite au loto, selon les calculs de risque de la bnp pour qui je travaillais.
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Il y a tout une partie de la physique qui travaille sur les systèmes complexes, donc des systèmes qui ne sont pas prévisible, c'est à dire non vérifiable autrement que par la simulation complète du phénomène et qui souvent, du fait même de leur complexité, la rend impossible en pratique. ça comprend entre autre la physique statistique, mais pas que.
Le probléme dans ce que tu décris, c'est que le modèle influence la façon dont le système se comporte puisqu'on prend des décisions à partir de lui. C'est ce qui donne l'impression que ça marche. Et de fait, même un modèle faux peut prédire des choses qui effectivement se réalisent.
Justement la physique statistique permet en quelque sorte de modéliser ça. Ces effets "rétroactif" ou "auto-réalisateur". Mais pour cela elle se place un cran au dessus, et ses modèles n'ont pas vocation à faire des prédictions.
Enfin,c'est comme ça que je comprend le truc. Par contre, ces modèles permettent de comprendre comment le système peut devenir instable et quelles sont les dynamiques à l’œuvre dans le déclenchement des crises. éventuellement, ils pourraient permettre de produire des outils ayant pour vocation de détecter ce genre de dynamiques et de les prévenir.
Je regardais récemment une conf sur le sujet (enfin, c'est pas exactement le sujet, mais ça permet de comprendre comment on peut faire de la science sur des phénomènes non prédictibles), et que je conseille a ceux que ça intéresse ;
SIMPLE ET DÉTERMINISTE VEUT-IL DIRE PRÉDICTIBLE ?
(évidement, ça ne concerne pas ceux pour qui tout ça est bien entendu évident, juste les gens un peu simple d'esprit comme moi, qui n'y connaissent rien et qui se permettent d'ouvrir leur gueule quand même
)
Pour une application à l'économie, voir par exemple le cours de Jean-Philippe Bouchaud au collège de france :
De la physique statistique aux sciences sociales... - Jean-Philippe Bouchaud (2021)
ça c'est juste la leçon inaugurale qui fait le tour de ces travaux pour le reste c'est sur le site du collége :
https://www.college-de-france.fr/ch [...] e-annuelle