bourneagainshell a écrit :
C’est une erreur de comparer la physique et les modèles économiques. Même s’il y a des parts d’incertitudes dans le physique. On ne parle pas de la même chose. Ne serait ce que parce que les sciences économiques ont pour sujet d’étude l’humain qui peut adopter des comportements imprévisibles. Ou contraire aux anticipations. Les mouvements de peur ou l’effet de snobisme sont autant d’exemples de comportements « irrationnels » qui rendent toutes prédictions impossibles.
Un exemple qui me vient comme ça est une valeur d’une entreprise dont tout le monde s’attendait à chuter du fait des piètres résultats de l’entreprise.
Tout le monde prend des positions courtes ce qui a eu pour résultat… de faire monter le cours de l’action. Et du coup, grosse perte chez ceux qui ont pris ces positions.
C’est un peu comme si trop de gens s’attendaient à ce qu’une pierre jetée en l’air chute à cause de l’attraction que, tout du d’un coup, le contraire se produit. Je ne suis pas physicien mais je ne crois pas que cela fonctionne ainsi.
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Je crois que c'est plus subtil que ça. Disons que c'est comme si quelqu'un disait que la pierre ne va pas tomber et que du fait que tout le monde le croit, elle ne tombe effectivement pas. Et à partir du moment ou tout le monde croit qu'elle va tomber, ben la pierre tombe.
Mais justement, la physique statistique permet de modéliser ce type de systèmes, ça ne permet pas de prévoir quand la pierre va tomber, mais ça permet de comprendre pourquoi. C'est déjà pas mal de comprendre pourquoi on ne peut pas prévoir quelque chose.
Les verres de spin par exemple, ce sur quoi travaille Bouchaud, permettent de modéliser des systèmes qui peuvent changer radicalement d’état du fait de tels mouvements collectifs sensibles à d'infime variations. C'est un peu le principe des vols d'étourneau ou des banc de poissons. Les agents se calent les uns par rapport aux autres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Verre_de_spin
Yep, c'est la physique des systèmes complexe. Et c'est pas complexe pour rien.