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Le vent de révolte soufflant dans le monde arabe modifie la donne au Proche Orient. Le Hamas est en plein tournent stratégique. Il a été poussé à conclure un accord de réconciliation avec le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas. Mais sa position a aussi évolué vis-à-vis de la Syrie. Robin Cornet
C'est à Damas en Syrie que se trouve le véritable cœur pouvoir du Hamas, sa direction politique, et son chef Khaled Mechal. La Syrie compte plus de 400 000 réfugiés palestiniens. Ils expriment souvent de la reconnaissance envers le régime Al Assad, pour la protection dont ils ont bénéficié. Des groupes palestiniens, Hamas en tête, ont fait de la Syrie leur base arrière. Comme le Hezbollah libanais, opposé à Israël. Et on pense même que la Syrie et l'Iran les financent, voire les arment. Dans la révolte qui s'est installée en Syrie - et on attend encore ce vendredi d'importantes manifestations - l'une des inconnue, c'est la position qu'adopteront ces différents groupes. Prendront-ils la défense du régime ? Le Hamas est à la fois islamiste et populiste, cherchant donc à se montrer proche du peuple. Le printemps arabe, en démontrant que le changement était possible, a soulevé des espoirs chez les palestiniens. Difficile pour le Hamas de soutenir la répression des manifestations. Le mouvement a expliqué au gouvernement Syrien qu'il ne voulait pas intervenir dans les affaires d'un autre état. Les autorités syriennes lui auraient clairement répondu : 'tout qui n'est pas avec nous, est contre nous'. Les relations se seraient tellement dégradées, que le groupe palestinien envisagerait de quitter Damas. Le journal Al Hayat a annoncé samedi que la direction politique du Hamas envisageait un exil vers Doha au Qatar. L'information a été démentie en début de semaine. Mais le malaise serait bien réel. D'autant que la Syrie n'aurait pas été consultée sur l'accord de réconciliation signé ce mercredi avec le Fatah du président palestinien Abbas. Le changement de régime en Égypte bouleverse aussi la donne. Le Hamas, honni par Moubarak, espère maintenant pouvoir nouer des relations avec le Caire. La Syrie craint de perdre de l'influence. Le Hamas est pour elle une carte importante. Les syriens qui revendiquent des terres occupées par Israël, veulent garder un rôle dans la négociation d'un processus de paix.
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