Tu deviens lourd, là. Son mini est de 15 , elle te dit qu'elle accepterait pour te rendre service si tu montes à 12/13 , et tu appelles ça de la vente forcée.
Non, pas du CA, rien à faire du CA. Comme toute entreprise viable, c'est du bénéf qu'il doit faire. Le bénéf, ce n'est ni le CA, ni la marge. Sur une vente de 7,50 , avec 5,5% de TVA et 30% de marge, ça te laisse un bénéf de disons 0,50 . La com' minimale du réseau CB est de 0,15 , soit presque le tiers de ton bénéf. Pour 15 , elle sera du même montant (en prenant 1% par commission), mais ne représentera plus que le 6ème de ton bénéf. C'est encore énorme, mais ça passe. Tout cela très arrondi, et surtout très variable selon ce que tu vends et l'accord que tu peux signer avec ta banque. J'ai pris une TVA à 5,5% parce que je vends des livres.
Donc non, l'essentiel n'est pas de faire revenir le client. L'essentiel est de gagner de l'argent, pour vivre et rester en activité, donc pas à n'importe quel prix. Si des gens n'arrivent pas à comprendre que c'est la banque qui fait entrave et pas le commerçant, tant pis.
Comme le dit fran0001, un client de perdu, 10 de retrouvés. Ou plutôt, car la nuance est importante : un client incompréhensif de perdu (ce qu'on appelle en langage technique un "chieur"
), 10 de retrouvés. D'autant que quand on tient une boutique, on se rend vite compte que les clients les plus chiants ne sont jamais les plus gros. Le client régulier qui se trouve sans liquide un soir, alors qu'il flotte et que le plus proche DAB est à 500 m, celui-là va s'excuser de ne pouvoir te payer que par CB pour 10 . Et celui-là, évidemment, je lui prends sa CB ou plus généralement je lui dis avec le sourire qu'il me paiera la prochaine fois, ce qui est à la fois bien plus rentable pour moi et bien plus agréable pour lui.
Le truc, avec le petit commerce, c'est que tu te prends toutes les frustrations des clients de la grande distribution. Si tu vas acheter un bouquin à la FNAC, tu ne peux te plaindre à personne d'avoir eu des conseils expédiés en 10 secondes par un vendeur de mauvais poil occupé à discuter avec sa collègue, puis avoir fait 30 minutes de queue et été obligé de faire ton paquet cadeau toi-même avec une pochette hideuse couverte de logos, imprimée à 200 millions d'exemplaires. Tu acceptes tout de manière automatique parce que tu sais que tu ne pourras jamais rencontrer quelqu'un de responsable de quoi que ce soit. C'est anonyme, il n'y a que des pions, donc tu acceptes tout ou tu boycottes. Tandis qu'une boutique, tu as l'impression que le rapport de forces s'inverse et que tu peux te permettre de jouer le client-roi. Certains (heureusement une minorité), en abusent.
J'ajouterai, pour avoir bossé dans certains commerces qui sentent bon la misère (les bouquinistes parisiens, pour les nommer, et ils sont tout sauf miséreux, bien au contraire, mais aiment cultiver ce côté antiquaillon à deux balles si pittoresque auprès des touristes), que plus ce que tu vends est bon marché, plus la proportion de clients chiants augmente. Vends des BD de collection à 30 pièce, personne ne viendra rouler les mécaniques et te laisser entendre qu'il sauve ton CA de la journée en t'en achetant trois. Les mêmes BD, solde-les à 5 et un client sur deux te prendra la tête à marchander pour en avoir 5 pour 20 . Et si tu refuses, il sera révolté qu'un type qui vend des BD à 5 puisse faire le difficile et rater une vente de 20 .
Pour être bien clair et que l'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : je re-précise bien que le client que tu peux et même que tu dois te permettre d'envoyer balader s'il n'est pas content, c'est le client qui te faire perdre de l'argent. Je ne parle pas du client antipathique ou arrogant ou quoi que ce soit. Celui-là, il achète, tu lui vends, et tu fais contre mauvaise fortune bon coeur. C'est ton boulot de commerçant de vendre, aux gens sympas comme aux cons. Mais il y a une limite à tracer. Si tu ne sais pas gérer et que tu acceptes tout de peur de voir ton chiffre d'affaires diminuer, il faut rester salarié. Parce que les réalités du bénéf dégagé sur le CA, elles vont vite se rappeler à ton bon souvenir. 
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Qui peut le moins peut le moins.