sanglier a écrit :
Les cercueils de zinc de Svetlana Alexievitch. Comme d'habitude avec Svetlana Alexievitch, on a un recueil de témoignages. Ceux des Russes sur la Guerre d'Afghanistan (1979-1989). Alternent propos des soldats et des personnels civils et paroles des mères des disparus au combat. Récits vraiment durs et poignants. Le témoignage des mères (et de la manière dont elles ont été parfois traitées, notamment lors de la restitution des corps) est assez déchirant à lire. Côté soldat, on est assez effaré par le dénuement de cette armée soviétique et par la brutalité de son fonctionnement. Les nouvelles recrues, à peine arrivées, sont systématiquement passées à tabac et dépouillées par les anciens qui leur prennent jusqu'à leur uniforme. Un uniforme et du matériel antédiluviens : soldats et infirmiers dépouillent les cadavres des moudjahidines des rangers occidentales, comme des attèles high-tech européennes pour remplacer du matériel qui date parfois de la seconde guerre mondiale. Ils revendront leurs munitions et leurs armes pour s'acheter des jeans et accessoires ménagers dans les bazars de Kaboul et bon nombre d'entre-eux reviendront sans leurs dents, à cause du scorbut et de la malnutrition. La fin du livre est consacrée au procès que certains de ses témoins lui ont intenté, l'accusant de donner une mauvaise image des vétérans d'Afghanistan. Beau livre mais bouquin à ne pas lire si on est sous antidépresseurs.
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Je suis en train de lire Ghost Wars de Steve Coll, une histoire de l'Afghanistan de 1979 à 2001 et il ne donne pas la même vision.
À aucun moment, il ne dit que les soviétiques sont sous équipés, mal nourris ou ont des difficultés matériels (d'un point de vu macro en tout cas).
À contrario, au début de la guerre, les Moudjahidines ont des problèmes d'équipements : les américains ne faisant passer que des armes obsolètes, notamment des fusils de la seconde guerre mondial (fusil .303) pour éviter que l'URSS sache qu'ils interviennent.
Et certains, comme le commandant Massoud survivent principalement en dépouillant les cadavres russes, ce dernier expliquant notamment que lors d'un raid, quelque soit le nombre de perte infligé, il le considérait comme un échec s'il revenait sans matos.
Bon, à partir de 85-86, c'est différent, les américains pensent que les soviétiques sont sur le point de gagner grâce à des tactiques plus agressives (meilleur emploi des hélicoptères, disruption des lignes de ravitaillement entre le Pakistan et l'Afghanistan, ...)
Ils passent en open budget et se mettent à livrer des gros trucs, type missile Stinger (rocket sol - air), fusil de sniper, matériel de vision nocturne, explosifs, ... 