baclette a écrit :
Wizard in the blizzard. Or, voilà que le vent du malheur poussa la carriole du célébrissime Bellay le Magicien et de son assistant Scrofulus sur les routes tourmentées de ce pays maudit. [...] -A nous deux, Townville ! s'écria Bellay le Magicien, nullifiant un peu plus son âme damnée...
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Un des pièges des assouplissements, c'est le claquage musculaire.
Ecrire chaque jour fait courir le risque de livrer des textes truffés de défauts...
Je ne peux tout de même pas laisser passer certains d'entre eux, particulièrement douloureux à la lecture.
Si vous trouvez qu'une expression est vraiment trop mal formulée ou qu'un mot gagnerait à être remplacé, n'hésitez surtout pas !
Bon ! on corrige un peu...
Wizard in the blizzard.
Or, voilà que le vent du malheur poussa la carriole du célébrissime Bellay le Magicien et de Scrofulus son assistant sur les routes tourmentées de ce pays maudit. Une pancarte « Pays maudit » tracé en gothiques et plantée de guingois sur un tas d'immondices le leur confirma.
C'était au tour de Bellay de jouer le rôle principal et Scrofulus l'avait mauvaise. C'était invariable.
L'avant-veille, alors qu'ils jouaient le rôle-titre de leur existence d'escrocs, une lueur terrifiante était tombée des nues pour abattre sa blancheur aveuglante du coté de Townville, là où ils se dirigeaient.
A cet instant précis, les deux comparses étaient assis tant bien que mal, l'un sur un baril de goudron vide, l'autre sur un reste de ballot de plumes, souvenirs de leur dernière prestation. Une piste de dés improvisée entre eux.
Lorsque l'éclair fracassa les cieux, le futur-ex-Bellay achevait son lancer. Le premier dé lui offrit un six mais, surpris, il sursauta et vit le second dé non pas lui accorder vingt-huit jours de célébrissimité supplémentaire mais le condamner à la scrofulation d'un pitoyable « cinq ».
-Inutile que je... tenta-t-il
-Inutile...! l'arrêta le nouveau Bellay, une étincelle, fit scintiller une de ses dents en or, témoignage de sa transformation débutante.
Scrofulus depuis bientôt trois lunes, le Bellay nouveau révéla toute sa prestance. Une fine moustache blonde et des cheveux bouclés lui poussèrent soudain alors que ses nippes se changeaient en habits de prix, chaussures italiennes sur mesure et élégant chapeau, des gants en pécari remplacèrent les mitaines. Ses yeux virèrent au bleu vif et d'une certaine façon il rappelait Di Caprio, bien qu'il fût plus sophistiqué et gracieux dans ses gestes.
La scrofulisation elle, fut rapide, en quelques changements brefs et précis, l'ancien Bellay se rabougrit et son teint vira au verdâtre. Une gibbosité apparut et son nez très gros et très crochu, aurait pu être « grochu » si le mot avait existé. Un de ses yeux se ferma et un liquide sanieux s'écoula de la paupière close.
Alors que Bellay retrouvait avec grand plaisir ses faux vrais pouvoirs d'authentique escroc, il tira de sa poche gousset une magnifique montre ciselée à laquelle une aiguille manquait; après l'avoir consultée, il hocha la tête d'un air entendu, en fit claquer le couvercle et la remettant en poche il se leva brusquement.
Scrofulus, que les deux métamorphoses avaient réduit de huit pouces par rapport au Magicien demanda prudemment s'il pouvait connaître l'heure, ce à quoi il fut répondu qu'il n'avait, hormis le droit de la fermer que celui d'obéir consciencieusement aux ordres de Bellay Le Célébrissime. Ce dernier colla élégamment de ses lèvres humides un rectangle de papier gommé plié suivant une directrice et empli de tabac de Virginie qu'il fixa au bout d'un délicat fume-cigarettes en écaille de pangolin.
D'une allure de croisière ils avaient repris la route et se dirigeaient vers les pires ennuis que leurs existences truquées leur avaient combinés.
-A nous deux, Townville ! s'écria Bellay le Magicien, nullifiant un peu plus son âme damnée...
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J'ignore si c'est moins pire, mais ça me satisfait !