Non seulement il fait partie de l'intelligentsia, mais les 3/4 de cette intelligentsia est du même bord que lui. Il faudrait arrêter avec cette image d'une élite intellectuelle post-soixante-huitarde gaucho bien-pensante qui seule a la parole et la main-mise sur les médias, ça devient casse-couilles. Les "nouveaux philosophes" (arf !), c'était les années 80. Depuis, les 3/4 des intellectuels français lus, vus, écoutés, vendus, sont cul-bénis, réacs et de droite (non, il n'y a pas nécessairement redondance entre "réac" et "de droite" ). Dantec ne dérange pas par ses idées (du moins quand quelqu'un arrive à les comprendre), il dérange (et donc séduit) parce que c'est un excité à moitié incohérent qui insulte tout le monde et transforme chacune de ses apparitions en show de catch à quatre. Les gentils, les méchants, on sait que c'est du chiqué, mais c'est tellement fun qu'on en redemande.
En 1983, Bruckner sortait "Le sanglot de l'homme blanc" où l'on nous expliquait que l'Occident devait cesser de s'accuser de tout ce qu'il avait fait au reste du monde et retrouver la foi en ses valeurs ancestrales. Enormes ventes, rapide best-seller. Le mois prochain, Finkielkraut sort son nouveau bouquin (j'ai oublié le titre, mais je peux le retrouver demain si ça intéresse quelqu'un) où l'on nous explique que l'Occident doit cesser de culpabiliser pour tout ce qu'il fait au reste du monde et doit retrouver la foi en ses valeurs ancestrales. Best-seller attendu, je peux en témoigner de première main par la mise en place qui va être faite en librairie. Et ne parlons pas des épiphanies papales qui ont fleuri au début des années 80 comme autrefois les révélations Grand-Timonières. De Pauwels à Sollers en passant par tout le landerneau avide d'être dans le coup. Tellement avides de "dénoncer" plus vite et mieux que le voisin la décadence de notre société qu'ils en imaginaient des magouilles éditoriales comme l'on n'en avait plus vues depuis les feuilletonistes du 19ème siècle (pour ceux qui se souviennent des pathétiques polémiques BHL/Finkielkraut lors de la parution de "La défaite de la pensée" ). Malraux doit en pouffer dans sa tombe, tiens. Les intellectuels du 21ème siècle seront religieux ou ne seront pas...
Vingt ans que ces éditorialistes de feuilles de chou auto-proclamés "intellectuels" radotent, accaparent les médias tout en poussant des cris d'orfraie sur leur prétendu baillonnement et en pérorant sur leur pensée qui "dérange les bien pensants", qui "bouscule les idées reçues" et mène une guérilla désespérée contre le politically correct. Alors qu'ils sont les bien-pensants, qu'ils sont les politically corrects (dans le sens complètement ridicule que l'expression a prise depuis 20 ans). Bien sûr, pour s'en apercevoir (car je les crois en grande partie sincères, plus stupides que roublards), il faudrait qu'ils sortent de temps à autres de leur petit milieu sur-protégé et aillent taper la tchatche avec monsieur tout-le-monde. Evidemment, s'apercevoir que le poujadiste français de base reçoit leur message 5 sur 5, d'ailleurs pense et a toujours pensé la même chose, et remets-nous une tournée Raymond, quand c'est du bon ça peut pas faire de mal, serait une vexation pour leur ego de "philosophe" et leur mission sacrée de la sauvegarde de notre civilisation qui part à vau l'eau.
Bon , fallait que ça sorte. 