Le stoïcisme est tout sauf de l'hédonisme (philosophie qui recherche le plaisir).
L'un des premiers stoïciens, Epictète, a énoncé ceci de fondamental qu'il faut absolument distinguer entre ce qui dépend de nous et de ce qui n'en dépend pas. Si bien que si nous faisons cette séparation, alors nous saurons avec exactitude agir sur ce qui dépend de nous et donc nous n'aurons jamais de raison d'être insatisfait.
Dépendent de moi uniquement mes passions et mon jugement sur les choses. D'eux, je peux me rendre tout à fait maître, et m'accorder ainsi avec l'ordre nécessaire de la nature, car je suis en pleine conformité avec la nécessité de ma nature. J'atteins alors par cette exercice de la vertu l'ataraxie, à savoir l'absence de souffrance, de passion, donc la parfaite tranquillité de l'âme, car rien ne peut me troubler. Si je suis maître de moi-même, je possède une liberté inaliénable, quand bien même je serais un esclave comme Epictète. L'esclave stoïque est encore maître de ses passions, même dans les chaînes.
Etre stoïque signifie donc se rendre parfaitement maître de soi-même, aussi libre qu'un homme peut l'être.
Les stoïciens se sont opposés aux épicuriens, autour d'un problème crucial, celui de la douleur. Les épicuriens affirment que toute douleur est un mal, donc que le souverain bien est de vivre exempt de douleur, par l'usage modéré des plaisirs, tandis que les stoïciens affirment que je puis rester maitre de moi, même face à la plus grande douleur, car je puis me séparer de ma douleur en comprenant qu'elle n'est rien de moi. Ma douleur n'est pas moi, donc elle est exclue de mon être.
(Mais on connaît l'exemple d'un stoïcien s'étant finalement converti à l'épicurisme, après avoir souffert le martyre de coliques nephrétiques.
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Ceci est un aperçu général. Il y aurait à évoquer les différents aspects du stoïcisme, qui s'articule à l'origine (3e siècle avant JC) en une logique (théorie du langage), une physique (théorie de la nature) et une morale (théorie morale). Je n'ai évoqué que ce dernier aspect, alors que les 3 forment un système cohérent de la nature, considérée comme une structure parfaite qui tient par soi seule (hexis).
Mais de plus en plus, le stoïcisme est devenu seulement une morale, notamment avec Marc-Aurèle et Sénèque, en se concentrant sur l'idée de tranquillité de l'âme et de parfaite maîtrise de soi. 