Kede a écrit :
J'approche de la fin d'Un barrage contre le Pacifique et je peux pas dire que je passe un bon moment C'est un peu un Zola au temps des colonies, mais le style et les intrigues en moins On suit 3 personnages détestables et vils, des colons de 3ème zone qui vivent aux marges de l'Indochine française : un frère, sa sœur et "la mère" dont on ne saura vraisemblablement jamais le nom. Il y a en gros deux événements : le déballage d'un phonographe et ses conséquences, et la vente d'un diamant (je spoile rien c'est annoncé dès les premières pages), les deux offerts par un pauvre richard amoureux de la soeur - personnages qui n'aura de cesse d'être humilié encore et toujours. J'exagère à peine. Alors j'imagine que c'est voulu : ces événements occupent une place extraordinaire dans la vie de ces bouseux, mais Duras en fait des tonnes, et multiplie à l'infini les hésitations et les réflexions (somme toute assez pauvres) des personnages. C'est pas qu'on se fait chier, mais on se retrouve englué avec eux dans leur misère - l'objectif de Duras j'imagine. Et puis le style me plaît pas, ça se veut très oral, avec des petites phrases sensées faire mouche et révéler une vérité. Aujourd'hui, on le trouve sur les blogs ou les récits twitter. C'est ce qu'on appelle le Nouveau Roman paraît-il Finalement, c'est l'arrière-plan du récit qui offre le plus d'intérêt : ce territoire colonial qui ressemble à certains cercles de l'Enfer
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