Borabora Dilettante | Voir ce message dans le sujet non filtré talbazar a écrit :
De l'insipide à l'état pur, celui-là. J'aime assez l'idée du héros qui meure avec son ou ses créateurs, perso. Je raffole pas de Tintin, par exemple, j''en ai juste le respect de mes huit ans, mais l'idée de l'imaginer aujourd'hui entre les pattes d'un novateur qui estimerait heureux de bannir la ligne clair pour dessiner une histoire pleine d'ombres, où le petit reporter viendrait à s'allier avec une secte de nostalgiques nazis, histoire de se colleter des zombies transgenres cannibales, avec un capitaine qui s'enverrait de la coke et un milou-robot, ben non.
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Il y a des tas d'artistes dont le trait et l'esprit se prêtent à une reprise d'un personnage ancien. Les deux exemples très récents que je citais, entre autres, Schuiten avec Blake & Mortimer, Bravo avec Spirou. Pour Spirou, on peut d'ailleurs trouver que Franquin avait fait un assez bon boulot de reprise après Rob-Vel. Mais on peut aussi citer Chaland, tandis que Tome & Janry, pour talentueux qu'ils soient, n'auront fait que du sous-Franquin toute leur vie. On peut aimer ou non les Pieds nickelés de Pellos (j'aime) mais ils ne font pas honte à Forton et n'en sont pas une simple copie.
Ce dont tu parles arrive fréquemment dans les comics mais ce n'est pas un problème chez eux étant donné la production. Tu veux du Batman ou Spider-Man pour 8 ans, y'en a tous les mois. Pour ado, pareil. Et pour adultes, noir de chez noir, pas de problème. A partir de là, chacun lit ce qu'il a envie de lire. La problème des comics à héros en série qui a commencé à leur sauter aux yeux dans les années 80, c'est qu'il perdaient 99% de leur lectorat passé l'âge de 15 ans. Il était évident qu'il leur fallait segmenter leurs publics et s'adresser aussi aux adultes, jeunes ou moins jeunes.
Et puis bon... la censure n'est plus la même qu'avant les années 80. L'époque où Franquin et nombre d'autres devaient redessiner en urgence certaines cases parce que les Pères la morale opposaient leur veto, c'est fini (l'exemple célèbre des pistolets tenus par des braqueurs dans un Spirou de Franquin, qu'il se contenta d'effacer, faute de temps pour refaire la case entière). Ce que l'on peut trouver charmant de naïveté dans les vieilles BD n'était pas toujours le fait des créateurs mais plutôt d'une chape de plomb de la censure (en France, la loi de 49 sur les publications pour la jeunesse).
wilek a écrit :
Et même dans ses pires titres, le dessin reste du très haut niveau. On s’en rend compte quand on compare avec les repreneurs. Sa manière de dessiner les foules, les villes n’a pas été égalée par exemple.
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Mais même son trait a cessé d'évoluer et est devenu de plus en plus disneyen, sans aucun aspérité, comme un retour à son maître Calvo qu'il était incapable d'imiter étant jeune.
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Qui peut le moins peut le moins.
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