Lampedusa | Voir ce message dans le sujet non filtré rahsaan a écrit :
Nabe parle de la religion, de la politique, du jazz, du suicide, du sexe, de la peinture, de lui, de Paris, de la littérature, de la télévision, de l'architecture, de l'histoire, de Marseille, des USA, de la mystique, de l'Orient... Mais pour lui, il ne peut plus être question de "bien" écrire, ou de faire de "belles" phrases ou d'écrire de "bons" romans mais de travailler sur l'art et sur le réel. Voilà pourquoi il aime se définir moins comme écrivain (Bernanos disait déjà "je ne suis pas un écrivain" ) que comme "artiste qui écrit" : parce que l'écriture ne vaut pas par elle-même mais parce qu'elle incarne des rythmes, des sons, des couleurs, des forces. Nabe se bat contre la réduction de la littérature à une misérable petite confession personnelle, à un récit de ses problèmes quotidiens parisiens...
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On pourrait croire, si on était malintentionné, que tu réduis ce qu'on appelle "le style" à un quelconque académisme littéraire, à une scolaire et appliquée "belle écriture"... Tu m'accorderas que le style, ce n'est tout de même pas ça.
On peut tout à fait "mal écrire", au regard des canons convenus de la correction, et avoir grand style. Ce n'est donc pas une question de faire de "belles phrases"...
Je crois qu'il se veut "écrivain" précisément, au sens plein, englobant du mot, et ce pour les raisons que tu dis: l'écriture tend à s'appropier le plus possible de réel; elle n'est pas simple outil d'expression ou de transmission d'autre chose qu'elle, un vécu dont elle ne serait que le faire-valoir, mais au contraire elle s'incorpore le vécu pour en faire de l'écriture.
Et dans ces conditions, l'écriture vaut bien par elle-même: ce n'est que si elle laisse intact hors d'elle le champ en friche de la vie, de la vie hors des mots, qu'elle vaudrait par autre chose qu'elle-même...?
Bref, nous disons les mêmes choses et aboutissons à des conclusions opposées, à moins que ce ne soit l'inverse... |