hpl-nyarlathotep a écrit :
Comme ça, une question: sur quelles bases on choisit ou non de (ne pas) faire traduire un livre écrit dans une autre langue:
- la décision mystérieuse de mecs en costards?
- on juge les livres trop élitistes et on ne pense pas (sans doute à raison) en vendre beaucoup?
- personne ne se porte volontaire pour assurer la traduction?
- autre chose?
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Essentiellement la 2. Une traduction coûte cher en frais fixes. Un livre écrit par un Français doit de préférence permettre à l'éditeur de rembourser l'investissement (maquette, lecture/corrections, fabrication, diffusion, distribution...). Si le livre ne marche pas fort, l'auteur ne sera pas payé, et l'éditeur non plus, mais les frais pourront peut-être être amortis. Avec une traduction, ces frais sont gonflés par l'achat des droits à l'éditeur d'origine et par la traduction. Puisque quel que soit le nombre d'exemplaires vendus une fois le livre sorti, le traducteur et le détenteur des droits auront été payés. Donc gros risque pour des marchés de niche comme les livres sur la musique.
Après, il y a bien sûr les coups de coeur ou l'absence d'intérêt des directeurs de collection. je discutais la semaine dernière avec l'auteur d'un livre à venir sur le groupe And Also The Trees. Pour le coup, cible carrément minuscule. Pourtant un éditeur va le publier parce que c'était son groupe préféré quand il était jeune. Les éditeurs sont rarement des "men in suits" et bien plus souvent des passionnés qui ne gagnent pas grand chose mais font ce (parfois second) métier parce qu'ils ont envie de voir dans leur bibliothèque des livres qui n'existent pas. Mais la plupart ont peu de moyens, puisque le CA procuré par un livre est relativement dérisoire (hors best-sellers, évidemment) et les frais occasionnés par des achats de livres étrangers et leur traduction est pour eux toujours un gros risque.
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Un lapsus est une faute commise à l'écrit ou à l'oral qui consiste à substituer au terme attendu un autre concombre (V. Haudiquet).