halman a écrit :
Ca doit être parce que tu n'a pas encore l'habitude. Je fais de l'informatique depuis les débuts des pc, chez moi, au boulot. Je suis tellement habitué que lire un livre électronique est pour moi plus agréable qu'un livre papier. On peut modifier les paramètres de l'écran, des polices pour que ce soit plus facile. La plupart des livres électroniques sont des exactes reproductions des livres papiers, de simples scans. Cela ne devrait donc pas poser de problème pour la lecture à l'écran.
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Avec une moyenne de 4 à 5h devant un ordinateur chaque jour depuis une dizaine d'année, si je n'ai pas encore l'habitude de lire sur un écran je ne l'aurai jamais.
Un écran, on peut modifier ses paramètres, certes, mais il restera toujours irrémédiablement un écran. Et ce au moins sur deux plan :
1) un livre pour moi a un volume, comme je disais avant, pour moi, il faut qu'il ait une reliure, tourner des pages, et même si tu pourrais me répondais que ce ne sont que des normes culturelles, et que le support numérique peut les remplacer aisément, je pense qu'il est assez difficile de se débarrasser de choses aussi ancrées : tout comme on se représente le temps spontanément sous la forme de frise, je m'imagine la lecture de gauche à droite, du début à la fin d'un volume, en passant de page à page. Ça fait partie de la spatialité comme de la temporalité de la lecture : dans un livre et par un livre dont on tourne les pages.
2) un livre c'est aussi un support matériel spécifique, qui a des dimensions changeantes (la Bible n'a pas la même taille que l'Éloge de la folie, et non seulement en taille, mais aussi dans le rapport de la longueur à la largeur, de l'épaisseur à la surface de ses pages), une disposition typographique changeante, qui ne se résume pas au simple choix d'une police, mais à l'établissement de marges, interlignes, d'une titulature qui font le lien entre la forme du livre (sa dimension particulière, le rapport particulier des largeur et longueur des pages) et son fond (d'ailleurs aussi bien le fond tel que comptait le transmettre l'auteur, que le fond vu à travers le prisme de notre époque : un livre du XVIème siècle n'a pas la même typographie qu'un du XIXème siècle). Sans parler du choix du papier, de la police, de l'encre, de la reliure. Tous ces détails n'ont pas seulement une fonction pratique (car on ne manipule pas une encyclopédie comme un missel), mais participent aussi de la signification de l'ouvrage (ils invitent à une lecture particulière).
Après je conçois parfaitement que 95% des HFRiens qui lisent ça pensent :
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Mais lire Tolstoï (surtout quand on sait ce qu'était Tokstoï sur la fin de sa vie) sur un livre électronique, c'est juste absurde. D'un autre côté, cela ne m'étonne pas qu'un peuple comme le peuple américain, habitué à boire du vin dans des verres grands comme des amphores, aller voir des concerts de musique symphonique au cinéma et conduire dans des voitures avec des V8 de 4.0L qui n'ont même pas un tableau de bord du niveau de celui d'une Logan soient tout à fait insensibles à cet aspect des choses.
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