mini-mousaille a écrit :
1/ il n'y a pas obligation a ce que tout les auteurs connaissent le succès, ça, ça n'a rien à voir avec le support (papier ou électronique), comme pour toute création (musicale, picturale, artistique, cinématographique, etc.), il y a des choses qui marchent, et d'autres moins. J'ajouterais même qu'à l'inverse du papier, le succès dépendra plus du contenu que de facteurs physique s(obtenir un éditeur, bonne distribution, etc.).
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Le succès ne dépend ni du papier ni du fichier, il dépend des prescripteurs. Et le premier et plus important prescripteur, c'est l'éditeur, qui a la possibilité de transformer à leur tour les médias et les libraires en prescripteurs. On fait confiance à un éditeur, à un directeur de collection, pas à l'auteur lui-même, qui est bien la dernière personne à pouvoir vanter son livre.
Citation :
Je pense que de nombreux auteurs amateurs seraient ravis de vendre quelques centaines exemplaires de leur ouvrage. 0,70 cts * 500 téléchargements = 350 euro.
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Effectivement, de nombreux auteurs seraient ravis de vendre 500 exemplaires de leur livre. Malheureusement, la réalité est plus proche de 5 que 500.
D'ailleurs, même dans cette vision totalement irréaliste, gagner 350 euros pour un an de travail n'a pas de quoi ravir. Et actuellement, un auteur gagne plus de 70 centimes par livre vendu dans l'édition traditionnelle.
Citation :
Il faut sortir de la logique industrielle de l'édition. Bien sur, il y aura toujours des hits et des flops, mais tout dépend les attentes de l'auteur par rapport à son ouvrage.
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Les chiffres de ventes montrent qu'il y a quelques hits, beaucoup de flops et un ventre mou de titres qui tournent à 2 000 ex.
Citation :
L'écriture ne demande pas un effort incommensurable, si ce n'est, du temps.
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Pour être lu, ça demande surtout du talent et/ou un domaine d'expertise. Malheureusement, le talent ne s'achète pas en bundle avec une suite bureautique.
Citation :
Le seul problème du livre électronique. C'est que la mise en vente dépend du bon vouloir des stores (Amazon, Apple). Mais après, libre à chacun de diffuser sur un format téléchargeable via un lien disposé sur le site web de l'auteur par exemple ou Facebook, plus tendance.
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Ce qui existe maintenant depuis des années pour la musique. Combien de pièces musicales auto-éditées as-tu achetées en 2010 ?
Plus généralement, quels sont les chiffres dans le domaine ? Si l'on suit ton raisonnement de "révolution", on doit pouvoir s'appuyer sur le marché de la musique, qui a déjà opéré cette "révolution" depuis des années.
Citation :
Non la création littéraire n'est pas à la portée de tous, enfin si (tout à chacun peut prendre une feuille blanche...euh, allumer son mac et écrire). Mais sa publication dans l'univers papier, c'est plus compliqué.
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Bien sûr que c'est plus compliqué : on passe de l'amateurisme autiste au monde réel, où l'on doit se mesurer à 10 000 autres auteurs, morts ou vivants, tous plus talentueux et intéressants que toi.
Citation :
Le marché de l'édition se concentre autour de groupes de médias très puissants qui ont droit de vie ou de mort sur un manuscrit. Au nom de quoi ? Alors certes, il y a de plus petites structures spécialisée mais ça ne suffit pas.
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C'est la distribution qui est concentrée, pas l'édition. Au lieu de 5 grands groupes de distribution (et autant de moyens plus le double de petits), on aura 2 distributeurs : Amazon et FNOUQUE. Super, le changement.
Quant aux éditeurs, ils sont un millier en France, tous différents. Le "droit de vie ou de mort", tu peux faire encore plus mélodramatique ?
Citation :
Pour ce qui est de la consultation, tu parles de bibliothèque. Ok, mais tout le monde n'a pas une bibliothèque dans sa commune. par contre, presque tout le monde a Internet. Et demain, bcp auront un Kindle ou équivalent. On est en 2011, il serait temps d'admettre que les gens allument plus leur ordi pour consulter Wikipedia que d'ouvrir l'Encyclopédie Larousse. Aujourd'hui et encore plus demain, tout sera numérique.
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Sauf pour le livre cadeau (chez nous quelque chose comme 40% des ventes) parce qu'offrir un "Bon pour téléchargement", ça pue. Sauf pour les beaux livres, parce qu'une liseuse reste une liseuse. Sauf pour les livres jeunesse, une énorme part du marché du livre. Sauf pour la plus grande partie de la BD franco-belge (10% du marché du livre) dont les formats et les types d'impression ne pourront être ne fût-ce que vaguement simulés par une liseuse. Sauf pour les livres prescrits à l'école, jusqu'au collège inclus, parce qu'on ne peut pas distribuer des liseuses à tous les gosses de France. Sauf... etc
Et surtout : sauf pour ceux qui aiment le livre parce que le contenant et le contenu ne font qu'un, au contraire de la musique et la vidéo où il a toujours fallu un appareil intermédiaire, cher et pérenne. Qu'on peut prêter un livre, le revendre, le donner, le relire 10 ans plus tard ou le donner à lire à ses gosses 20 ans plus tard. Combien de fois changeras-tu de liseuse en 10 ou 20 ans ? Entre pannes, vols, obsolescence, changements de marques, de modèles, de formats, que deviendront tes fichiers ?
Un exemple parlant : tu cherches une recette, une idée de plat ? Depuis des années, tu en as un million à portée de la souris sur le net. Marmiton.org, à lui seul, doit avoir un nombre de visiteurs quotidiens faramineux. Eh bien les livres de cuisine n'ont jamais aussi bien marché que ces dernières années.
On parle même d'un boom de ce secteur.
Citation :
3/ Conversion...très cher conversion. Ainsi va l'évolution. Par exemple, dans un autre secteur. Je ne serais pas triste d'apprendre que les constructeurs automobile n'existent plus ou vendent d'autres services. Là, Amazon, énorme vendeur de livre papier s'est mis, avec succès, au Kindle. En partant de zéro. La Fnac propose son Fnacbook, etc. Les éditeurs ? Je ne vais pas pleurnicher sur les groupes d'armement.
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Quel rapport ?
Et surtout opposer les éditeurs, pour la plupart des PME, voire TPE, à de monstrueuses multinationales comme LVMH (FNAC) ou Amazon (qui érige l'évasion fiscale en règle de management), ce serait carrément comique si ce n'était pas aussi pathétique.
Citation :
Et puis ils sont solides. Ils se reconvertirons.
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Mais bien sûr. Les secteurs sinistrés, ça n'existe pas plus que le chômage ou les crises.
Rassure-moi : tu n'es plus Bayrouiste ? Point de vue économique, tu es maintenant à la droite de Sarko ? Ou c'est juste que tu planes complètement ?
Citation :
Pour les petits, plus que jamais, il y aura de la place des marchés très spécialisés.
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C'est déjà le cas, et pour la plupart des éditeurs, pas seulement les petits.
Citation :
Je pense aux ouvrages d'art par exemple.
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Ouvrages qui en dehors des catalogues d'expo n'intéressent à peu près personne. Et les catalogues d'expo... ben... il n'y a que les musées qui peuvent les éditer.
Citation :
Et les gens auront toujours envie de se retrouver dans des lieux à thème offrant une valeur ajoutée (café manga, etc.).
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Ca, c'est tellement naouak que l'on voit bien que tu n'as jamais fréquenté les librairies. La plupart des acheteurs en librairie y passent moins de 5 minutes (souvent une ou deux), au grand maximum 10. Tu pourras y installer des poufs, un narghilé et embaucher une danseuse du ventre, ce n'est pas pour ça qu'ils seront moins pressés. Les gens passent après avoir ramassé les gosses à l'école, pendant la pause déjeuner, en sortant du boulot, avant une soirée où ils sont invités afin d'acheter un petit cadeau etc. Les rares qui ont le temps de traîner sont d'ailleurs rarement des acheteurs (touristes, glandeurs etc.). Quand aux ados, ils préfèrent les grandes surfaces culturelles parce qu'ils peuvent y venir en bande sans parler à personne et lire des BD sur place.
Citation :
Dans la musique, le vinyle réapparait par exemple, c'est fou non ?
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Ce n'est pas fou parce que c'est une grosse fumisterie journalistique.
Citation :
4/ Au moins, l'auteur fixera lui même son prix et pourra l'ajuster en fonction de l'offre et de la demande.
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Pour presque tous, il leur faudra donner de l'argent pour être lu, s'ils veulent tenir compte de l'offre et de la demande.
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NE tout cas, cette décision lui reviendra et plus l'Etat ni l'éditeur
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L'Etat ne fixe pas les prix, il se contente de réguler le marché et favoriser l'économie en laissant l'éditeur les fixer. Pour rappel, cette loi a été votée à l'unanimité par la gauche, le centre et la droite. Il est vrai qu'avec le recul de ces dernières années, la droite de l'époque apparaît maintenant comme respectable. On ne connaissait pas encore la droite bling-bling ultra-libérale, qui semble te fasciner. Pour rappel encore, la France n'a été ni le premier (ce fût l'Espagne, longtemps avant nous) ni le dernier pays à adopter une loi qui régule le livre pour protéger la diversité culturelle et empêcher le prix des livres d'exploser comme cela s'est produit pour les disques.
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Qui peut le moins peut le moins.