Borabora a écrit :
Je l'ai expliqué plus haut. Mais tu vis dans ton monde imaginaire, où les livres électroniques à 0,99 $ sont l'avenir et où Bayrou sera président.
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Par contre, un monde où le livre électronique est à 50% du prix de son équivalent papier est économiquement parfaitement viable.
Citation :
Dans une intervention effectuée lors du dernier Salon du Livre, le Syndicat National de l'Edition a fait le point sur la répartition des coûts pour un livre vendu 10 euros en librairie, prix qui est à peu près le prix moyen d’un ouvrage vendu en France. Les chiffres parlent d'eux-même... Sur ces 10 euros, l’auteur touche 1 €, l’éditeur 1,50€ (création éditoriale, relecture, correction, mise en forme, maquettage, marketing, promotion commerciale, service de presse, vente de droits étrangers et de droits audiovisuels et frais de structure), l’imprimeur 1,50 € (pré-presse - qui peut aussi être réalisé par le service de fabrication de l’éditeur - achat du papier et impression), le diffuseur et le distributeur perçoivent 1,70 € et le libraire 3,80 €. L’Etat récolte quant à lui 0,50 € de TVA.
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Un éditeur prenait un risque à éditer un auteur: il payait la fabrication de x milliers de livres, puis en faisait la promo et les livres devaient être écoulés en librairie. Il pouvait donc justifier un prix plus élevé pour amortir les pertes faites sur la majorité d'auteurs qui s'écoulent mal et dont une partie de la production finit au pilon par rapport à la petite minorité qui se vend bien.
Aujourd'hui, vu que ces coûts ont disparu, le seul risque qu'il prend est d'assurer une éventuelle promotion. Dans un marché purement numérique, l'éditeur ne sert d'ailleurs plus qu'à ça. Si on se base sur le prix ci-dessus, le coût du livre est de 3 euros, TVA incluse (la TVA sur le livre numérique sera de 5,5% et non plus de 19,6% à compter du 1er janvier 2012).
En réalité, pour le numérique, du fait des facilités offertes par le workflow, ce coût est surévalué et tourne plutôt autour de 2 à 2 euros 50.
Et si tu veux une étude complète, elle existe:
http://www.syndicat-librairie.fr/f [...] _numerique
http://www.lemotif.fr/fichier/moti [...] erique.pdf
Pour un roman de 256 pages tiré d'un tapuscrit word édité en ePub, le coût est estimé à 665 euros. Mais apparemment les éditeurs demandent aux auteurs de fournir le tapuscrit selon un document préstructuré en XML (via un outil maison probablement), et là ça tombe à 151 euros, qui correspondent à la relecture. Autant dire rien.
Pour des livres plus élaborés, avec illustrations etc, ça peut monter à quelques milliers d'euros si le matériel est particulièrement complexe et/ou ancien, mais un guide pratique avec 400 illustrations, s'il est nouveau, ne coûtera guère que 513 euros. Et l'essentiel du coût du livre, à savoir la mise sous presse et surtout la distribution, est proche de zéro.
Citation :
les coûts des livres numériques sont relativement faibles, surtout pour des nouveautés qui s’intègrent maintenant dans la chaîne de production des éditeurs (coûts amortis entre 50 et 500 exemplaires pour des nouveautés, 200 à 800 exemplaires pour des livres à numériser, sans contenu multimédia)
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L'amortissement est à peu près le quart de ce qui se fait dans l'édition papier. Dans le cas le plus défavorable (petit tirage de l'ordre du millier d'exemplaires), l'éditeur et l'auteur s'y retrouvent en vendant le livre à la moitié du prix de l'édition papier. En fait, même à moitié prix, l'éditeur fait 50% de marge en plus qu'avec une édition papier, et avec des tirages plus importants, la marge s'accroit. C'est donc un prix tout à fait correct, qui en outre accroit les ventes, et le consommateur s'y retrouve. Mais le fait que les ebooks soient vendus au même prix que leurs équivalents papier étant déjà économiquement injustifiable, qu'ils les vendent encore plus cher, cela veut dire qu'ils font probablement quelque chose comme 300 à 400% de marges supplémentaires (en fonction de la répartition avec la plateforme de vente, l'auteur ne touchant la plupart du temps pas plus qu'avant), et perso, je considère que ça n'est rien d'autre que de l'incitation au piratage.
Pour ma part, si jamais je m'équipe un jour d'une livre électronique (ça arrivera), je ne suis pas prêt d'acheter quoi que ce soit sur ce médium, en tout cas pas à ce genre de tarif. Je déteste par dessus tout avoir l'impression d'être un gogo.