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Auteur Sujet :

[LIVRES] Vos lectures du moment

n°66550091
parappa
taliblanc
Posté le 15-08-2022 à 14:59:49  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

Borabora a écrit :


Le révisionnisme historique à des fins idéologiques est d'autant plus efficace qu'il passe pour de l'Histoire, on le sait avec le roman national qui a été la base de l'école républicaine et l'était encore il n'y a pas si longtemps. Tu crois que Poutine veut la même chose en Russie et en Crimée juste parce que c'est distrayant ? :whistle: De Villiers est le premier à se féliciter de l'impact idéologique, sans aucune ambiguïté :

Citation :

Ce modèle identitaire a été exporté au Royaume-Uni et en Espagne, avec des tentatives dans d'autres pays dans « une géographie qui épouse celle de la poussée nationaliste » selon Guillaume Mazeau. Philippe de Villiers, qui admet mener un « combat culturel », déclare que « par mes livres ou mon Puy du Fou, j'ai fait passer beaucoup plus d'idées qu'en restant la énième écrevisse de la bassine ».


 
Je serais curieux aussi de connaître les réactions des visiteurs s'ils avaient su que l'on donnait des chats comme appâts aux rapaces et que l'on tabassait les chevaux. :whistle:


La citation de de Villiers est dans le livre. :D
Il est beaucoup question du roman national aussi, c'est intéressant parce que c'est probablement ce que j'ai appris à l'école ou presque. [:chupachupz]


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DU LINO DE BATARD IMITATION CARREAUX DE CIMENTS ILLEGITIMES§§§
mood
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Posté le 15-08-2022 à 14:59:49  profilanswer
 

n°66551649
love hina
shinobu san
Posté le 15-08-2022 à 20:10:41  profilanswer
 


Le Silmarillion, pour me remettre dans la Terre du Milieu et en attendant la série Amazon du 2 septembre.

n°66551815
Borabora
Dilettante
Posté le 15-08-2022 à 20:40:45  profilanswer
 

love hina a écrit :


Le Silmarillion, pour me remettre dans la Terre du Milieu et en attendant la série Amazon du 2 septembre.


Et donc ?


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Qui peut le moins peut le moins.
n°66553065
gingeroots
Posté le 16-08-2022 à 07:43:48  profilanswer
 

J'ai terminé Kafka sur le rivage de Murakami et c'était bien chouette. Vous recommandez ses autres livres ? Notamment la trilogie 1Q84 ?

n°66553357
Tillow
J'aime les tierces picardes.
Posté le 16-08-2022 à 09:26:02  profilanswer
 

gingeroots a écrit :

J'ai terminé Kafka sur le rivage de Murakami et c'était bien chouette. Vous recommandez ses autres livres ? Notamment la trilogie 1Q84 ?


Oui pour 1Q84 :jap:


Message édité par Tillow le 16-08-2022 à 09:26:16

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Stabatmaterophile - Witches, Bitches and Britches.
n°66556204
Meganne
Féministe Ardant
Posté le 16-08-2022 à 15:51:26  profilanswer
 

Eranoc a écrit :

Je viens de recevoir l'édition remasteriser couleur de la maison des feuilles. Hâte de le lire, j'ai entretenu la surprise. Je ne sais rien sur ce livre à part que je dois le lire tellement, il est unique.


Déjà ? Chez un libraire ? Il est prévu pour le 25 août chez moi.


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#AOC2024 & #2028
n°66556421
Eranoc
Posté le 16-08-2022 à 16:13:05  profilanswer
 

J'avais pré-commandé. De retour chez moi je vous fait un retour avec des photo si vous voulez.

n°66556435
Meganne
Féministe Ardant
Posté le 16-08-2022 à 16:14:32  profilanswer
 

Eranoc a écrit :

J'avais pré-commandé. De retour chez moi je vous fait un retour avec des photo si vous voulez.


Ben pareil mais ras. Je veux bien voir oui, si tu as l'occasion de les poster. :)


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#AOC2024 & #2028
n°66556534
gilou
Modérateur
Modzilla
Posté le 16-08-2022 à 16:26:50  profilanswer
 

gingeroots a écrit :

J'ai terminé Kafka sur le rivage de Murakami et c'était bien chouette. Vous recommandez ses autres livres ? Notamment la trilogie 1Q84 ?

Non, j'adore Murakami, mais je ne suis pas fan de 1Q84.
Je te proposerais plutôt de lire

  • Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
  • La Course au mouton sauvage
  • Les Amants du Spoutnik
  • La Ballade de l'impossible

A+,
 


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There's more than what can be linked! --    Iyashikei Anime Forever!    --  AngularJS c'est un framework d'engulé!  --
n°66556626
biezdomny
Ma place est dans un musée !
Posté le 16-08-2022 à 16:35:52  profilanswer
 

Et moi j'aime La Fin des Temps, comme ça, ça te fait une belle jambe :o


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Expos et muséesÉgyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
mood
Publicité
Posté le 16-08-2022 à 16:35:52  profilanswer
 

n°66557122
Borabora
Dilettante
Posté le 16-08-2022 à 17:38:30  profilanswer
 

D'expérience, je n'ai jamais vu de consensus sur les livres à lire de Murakami.  :D


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Qui peut le moins peut le moins.
n°66558298
bistr0math​ics
Posté le 16-08-2022 à 20:51:56  profilanswer
 

J'ajouterais à la liste Le meurtre du commandeur, du pur Murakami, peu d'action, assez introspectif, mais un rythme lent qui compose cette musique caractéristique de ses romans - à condition d'y être sensible. Quelques belles pages sur la peinture et l'œuvre artistique également.
 
Je ne parviens pas à me souvenir si j'ai lu le dernier tome de 1Q84, merci de m'y avoir fait penser :)


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De pantomime en mascarade, l'Éternité déroule ses fastes pour les immortels
n°66565358
Canardbrut​e
Posté le 17-08-2022 à 20:51:01  profilanswer
 

J'ai lu le synopsis de la ballade de l'impossible et ça donne envie de le lire :o

n°66572544
jamere
Posté le 18-08-2022 à 21:38:05  profilanswer
 

J'ai fini BlackWater. 10/10. Meilleure lecture depuis les livres de Don Winslow sur les cartels.

n°66572908
gingeroots
Posté le 18-08-2022 à 22:26:37  profilanswer
 

jamere a écrit :

J'ai fini BlackWater. 10/10. Meilleure lecture depuis les livres de Don Winslow sur les cartels.


T'as préféré lequel ? Le tome 3 pour ma part.

n°66573060
parappa
taliblanc
Posté le 18-08-2022 à 22:46:50  profilanswer
 

Terminé Récit de l'extraordinaire et affligeant naufrage du baleinier Essex d'Owen Chase. Bon, tout est dans le titre hein. :D
C'est un livre très court, qui a mis beaucoup de temps à être traduit en français apparemment. L'histoire a inspiré Moby-Dick à Melville, c'est tellement écrit partout que même un aveugle le saurait. :o
Ceux qui lisent mes notes savent que j'adore ce genre de récits ; laissez-moi vous dire que celui-ci est vraiment une merveille. :o
L'auteur était le second de l'Essex, et le livre est sa propre adaptation de l'espèce de journal de bord qu'il a tenu. Il y a tout dans cette histoire, absolument tout pour qu'un romancier en fasse le bouquin de la décennie ou pour qu'un réalisateur fasse un excellent film (il y en a un qui existe, je ne sais pas ce qu'il vaut). Ici c'est un marin qui parle, et même si c'est différent, c'est tout de même très bien raconté. Ces mots du traducteur le disent mieux que moi :  
 

Citation :

Au-delà de l'intérêt littéraire de ce récit, il convient de souligner sa force en tant qu'aventure et que témoigage de survie en mer. À l'heure où fleurissent des récits de voyage à la trame floue et à la narration molle, où l'impudeur côtoie une psychologie de bazar, on est en droit de s'étonner qu''une narration si sobre et si ramassée, dans laquelle la précision le dispute à la pudeur et la clarté dans la relation des faits à l'acuité de la réflexion, qu'un tel récit, donc, ait mis près de deux cents ans à se faire entendre.


Je recommande grave aux amateurs. [:kryten]


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DU LINO DE BATARD IMITATION CARREAUX DE CIMENTS ILLEGITIMES§§§
n°66573126
gilou
Modérateur
Modzilla
Posté le 18-08-2022 à 22:58:58  profilanswer
 

Les vacances de Parappa : Sea, Essex and Sun... :D  
A+,


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n°66573158
Borabora
Dilettante
Posté le 18-08-2022 à 23:07:12  profilanswer
 

parappa a écrit :

C'est un livre très court, qui a mis beaucoup de temps à être traduit en français apparemment. L'histoire a inspiré Moby-Dick à Melville, c'est tellement écrit partout que même un aveugle le saurait. :o


Mocha Dick un peu aussi.  :o


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Qui peut le moins peut le moins.
n°66573941
jamere
Posté le 19-08-2022 à 09:15:03  profilanswer
 

gingeroots a écrit :


T'as préféré lequel ? Le tome 3 pour ma part.


 
Compliqué de dire.

Spoiler :

Les premiers tomes ont Mary-Love et j'adore ce personnage. Les trois derniers tomes sont bien plus rapides, je trouve, mais bien plus intéressants, bien plus moderne niveau contexte et il y a bien plus d'explication sur Elinor, son état...

n°66574741
talbazar
morte la bête, mort le venin
Posté le 19-08-2022 à 11:02:47  profilanswer
 

Je m'insurge vivement contre le terme "psychologie de bazar".

n°66575439
Moonzoid
omnia vanitas ...
Posté le 19-08-2022 à 12:16:59  profilanswer
 

parappa a écrit :

Terminé Récit de l'extraordinaire et affligeant naufrage du baleinier Essex d'Owen Chase. Bon, tout est dans le titre hein. :D


 
ça a l'air très sympa [:somberlain_multi:2]  


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♣ Toujours plus de gens qui arrivent en Mordor. Un jour tous seront dedans. ♣
n°66576143
Canardbrut​e
Posté le 19-08-2022 à 13:54:35  profilanswer
 

Bonjour amis lecteurs,
 
Des retours sur un loup est un loup de Michel Folco ?

n°66576838
Borabora
Dilettante
Posté le 19-08-2022 à 15:11:05  profilanswer
 

J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Totalement amoral, ce qui est très rare et donne un ton particulier à ses livres. Pour ce que j'en sais d'après deux personnes qui l'ont bien connu, dont son éditrice, Folco n'a lui-même à peu près aucune notion de morale, et par là même d'empathie.
 
Le seul Folco que j'ai peu aimé est son dernier, La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler.
 
Avertissement : Un loup est un loup se termine sur un genre de cliffhanger, en plein milieu d'une scène, donc si tu accroches au roman, pense à te procurer En avant comme avant ! avant de l'avoir fini. :o


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Qui peut le moins peut le moins.
n°66577075
om@r
Posté le 19-08-2022 à 15:45:24  profilanswer
 

Il n'est pas indispensable il me semble d'avoir lu le premier Dieu et nous seuls pouvons, mais il est également très chouette.

Message cité 1 fois
Message édité par om@r le 19-08-2022 à 15:45:53
n°66577179
Borabora
Dilettante
Posté le 19-08-2022 à 16:03:08  profilanswer
 

om@r a écrit :

Il n'est pas indispensable il me semble d'avoir lu le premier Dieu et nous seuls pouvons, mais il est également très chouette.


Effectivement, pas indispensable puisque ce sont deux autres personnages et deux autres époques. Il y a juste un lien avec la dynastie de bourreaux que l'on retrouve dans les autres volumes. Cela dit, t'as raison de le signaler il peut être sympa de commencer malgré tout par Dieu et nous seuls pouvons.


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Qui peut le moins peut le moins.
n°66579100
Canardbrut​e
Posté le 19-08-2022 à 21:08:06  profilanswer
 

Merci pour vos avis!
 

n°66581554
Meganne
Féministe Ardant
Posté le 20-08-2022 à 12:55:24  profilanswer
 

Meganne a écrit :


Déjà ? Chez un libraire ? Il est prévu pour le 25 août chez moi.


 
Enfin reçu La maison des feuilles avec les petits goodies de Monsieur Toussaint Louverture qui font plaisir,(et accessoirement le dernier tome de Blackwater) prêté il y'a dix ans et jamais revu. Je m'étais arrêtée à la moitié à l'époque, je pense aller au bout cette fois. :D


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#AOC2024 & #2028
n°66583369
m4ksx
§§ Defend the Den §§
Posté le 20-08-2022 à 19:37:47  profilanswer
 

Canardbrute a écrit :

Bonjour amis lecteurs,
 
Des retours sur un loup est un loup de Michel Folco ?

Je recommanderai clairement aussi. Je suis à peu près au milieu du livre et je le trouve excellent. Ce qui fait la force du livre c'est l'histoire originale et très clairement non conformiste. Michel Folco a un style et une façon de conter très intelligente, dynamique et picaresque malgré un univers, et une société française, de la fin du XVIIIe présenté à juste titre comme assez sombre.

n°66583448
chienBlanc
Posté le 20-08-2022 à 19:52:52  profilanswer
 

Avez vous lu le livre d'Obama ?
Des retours ?
 
https://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/16/8e/c1/12684822/1507-1/tsp20220625061458/Une-terre-promise.jpg


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Mon interview financière : https://avenuedesinvestisseurs.fr/i [...] azy-malin/
n°66583513
Struwwelpe​ter
Patriarche renégat
Posté le 20-08-2022 à 20:07:00  profilanswer
 

Larry_Golade a écrit :


C'est curieux, je passe chez mes parents et je tombe sur un livre, Les enterrés vivants du docteur Perron-Autret.
 
Je n'ai pas fini de le lire, mais malheureusement on n'est pas en présence d'un professionnel de la mort ou même d'une plume à la Pierre Bellemare qui donne de l'étoffe à un récit.
Et on n'est même pas en présence d'un scientifique, hélas, c'est un torchon complotiste qui dénonce la Science et le Corps Médical (c'est écrit comme ça dans le livre :o ) promeut une pseudo-science (le bio-électromagnétisme de Vincent) et même un complot de fossoyeurs (oui oui... J'avoue que je ne l'avais pas vu venir celui-ci)  [:blackman] .C'est rigolo à lire si on aime ça, mais c'est une parfaite merde pour le reste.
A savoir que l'auteur est vraiment médecin, il mélange donc allègrement vraie science médicale et fumisteries, mais du coup on peut avoir un sérieux doute sr tout en fait.
A part peut-être la partie "historique" ou il rapporte des cas de gens déclarés morts qui se réveillent dans le cercueil/église, qui est folklo :o


Je note cette "recommandation". C'est le genre de plaisir coupable que je me verrais bien m'offrir si d'aventure je le trouvais pour 50 cents dans une brocante de livres. [:krull]  
 

chienBlanc a écrit :

Sapanet, médecin légiste du CHU de Poitiers, a écrit 4 ou 5 bouquins sur les affaires qu'il a traité.
J'en ai lu 3, c'est vraiment pas mal. Bon bien gore par moment quand même.  
 
Bon, le passage que tu cites, c'est

Spoiler :

un cauchemard qu'il fait.




Je te remercie d'avoir apporté cette précision. Cet extrait (que j'avais trouvé sur Internet) ne me donnait pas particulièrement envie d'en voir plus, mais suite à ton message, j'ai jeté un œil sur le livre dont il provient et en effet, ça a l'air vraiment pas mal. :)

n°66583558
chienBlanc
Posté le 20-08-2022 à 20:14:04  profilanswer
 

Struwwelpeter a écrit :


Je te remercie d'avoir apporté cette précision. Cet extrait (que j'avais trouvé sur Internet) ne me donnait pas particulièrement envie d'en voir plus, mais suite à ton message, j'ai jeté un œil sur le livre dont il provient et en effet, ça a l'air vraiment pas mal. :)


 
Il y a 4 livres en fait. J'ai lu les 2 premiers, et je vais lire le 3ème pendant mes vacances.
Ca se lit bien, si tu aimes les affaires criminelles. C'est une successions d'affaires qu'il a traitées, et d'anecdotes. Avec pas mal d'humour noir.  
 
En fait, ce ne sont pas que des affaires criminelles, il y a aussi des suicides ou des accidents, et on lui demande de conclure que c'est pas un meurtre maquillé.  
 
C'est bien gore par moment quand même, quand il décrit certains trucs.  [:bitman13]


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Mon interview financière : https://avenuedesinvestisseurs.fr/i [...] azy-malin/
n°66583623
Struwwelpe​ter
Patriarche renégat
Posté le 20-08-2022 à 20:23:05  profilanswer
 

chienBlanc a écrit :


 
Il y a 4 livres en fait. J'ai lu les 2 premiers, et je vais lire le 3ème pendant mes vacances.
Ca se lit bien, si tu aimes les affaires criminelles. C'est une successions d'affaires qu'il a traitées, et d'anecdotes. Avec pas mal d'humour noir.  
 
En fait, ce ne sont pas que des affaires criminelles, il y a aussi des suicides ou des accidents, et on lui demande de conclure que c'est pas un meurtre maquillé.  
 
C'est bien gore par moment quand même, quand il décrit certains trucs.  [:bitman13]


T'inquiète, je suis rôdé après avoir lu celui de Boxho. [:moonblood6:3]  
D'ailleurs, Boxho doit forcément avoir lu Sapanet.

Message cité 1 fois
Message édité par Struwwelpeter le 20-08-2022 à 20:23:31
n°66583640
Larry_Gola​de
In soviet russia
Posté le 20-08-2022 à 20:24:36  profilanswer
 

Struwwelpeter a écrit :

Je note cette "recommandation". C'est le genre de plaisir coupable que je me verrais bien m'offrir si d'aventure je le trouvais pour 50 cents dans une brocante de livres. [:krull]


Dans le même genre, j'étais tombé sur CES MAISONS QUI TUENT de Roger de Lafforest  :jap:  
 
Je n'avais pas fait de retour ici parce que je ne pensais pas que ça intéresserait beaucoup de monde :o et surtout que le type part dans les tours dès la première page, donc c'est plus difficile de se faire "avoir".
 
Quand j'ai vu le titre, je m'attendais à du sous-Pierre Bellemare :o , du coup je n'avais pas feuilleté le livre avant de l'acheter. (50 centimes en VG effectivement)
Mais en fait c'est un délire sur les ondes telluriques, le magnétisme et autre fadaises. Pour donner le ton, quasi dès la première page, l'auteur parle de la dangerosité de la Lune en parlant de blessés de guerre de la Première Guerre Mondiale : le médecin aurait fait dormir dehors les moins blessés et réservé une tente aux plus grand blessés, et bah, le lendemain, ceux qui avaient dormi "à la lune" étaient morts! Ben mince alors!
Le livre part encore plus dans le n'importe quoi avec en cours de route l'auteur qui connaît un type qui possède une bague Atlante :o Oui, qui vient de l'Atlantide, parfaitement môssieur  [:ofou]  
 
Et j'avais trouvé cette citation que j'avais citée sur le topic Linky : parce que visiblement même sans changer de compteur, les cons vont trouver à redire :D :  
 
"J'ai omis de dire que seul le courant 220 volts est nocif et probablement cancérigène. Le courant 110 volts n'a pas les mêmes inconvénients. Faut-il s'étonner que ce soit le courant au voltage[sic] dangereux qui soit imposé presque* partout aux abonnés de l'EDF?"
 
*le bouquin date du début des années 60


---------------
Si on attend la dernière minute pour faire quelque chose, au moins ça ne prendra qu'une minute à faire.
n°66583698
Struwwelpe​ter
Patriarche renégat
Posté le 20-08-2022 à 20:31:59  profilanswer
 

Larry_Golade a écrit :

Pour donner le ton, quasi dès la première page, l'auteur parle de la dangerosité de la Lune en parlant de blessés de guerre de la Première Guerre Mondiale : le médecin aurait fait dormir dehors les moins blessés et réservé une tente aux plus grand blessés, et bah, le lendemain, ceux qui avaient dormi "à la lune" étaient morts! Ben mince alors!


 [:rofl]  
C'est noté. :jap:

n°66583741
gingeroots
Posté le 20-08-2022 à 20:38:27  profilanswer
 

Meganne a écrit :

 

Enfin reçu La maison des feuilles avec les petits goodies de Monsieur Toussaint Louverture qui font plaisir,(et accessoirement le dernier tome de Blackwater) prêté il y'a dix ans et jamais revu. Je m'étais arrêtée à la moitié à l'époque, je pense aller au bout cette fois. :D


Ça me donne envie de l'acheter maintenant mais je sais pas si c'est pour moi ce genre de truc  :sweat:

n°66583754
Borabora
Dilettante
Posté le 20-08-2022 à 20:40:14  profilanswer
 

Et en 2022 on a ça, comme quoi la connerie fait partie des choses qui ne changent pas.
 
https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/62ff481d1dc040024748f037/large/image.jpg?v=1


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Qui peut le moins peut le moins.
n°66584893
chienBlanc
Posté le 20-08-2022 à 22:42:15  profilanswer
 

Struwwelpeter a écrit :


T'inquiète, je suis rôdé après avoir lu celui de Boxho. [:moonblood6:3]  
D'ailleurs, Boxho doit forcément avoir lu Sapanet.


Je ne connaissais pas, je note.  :love:


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Mon interview financière : https://avenuedesinvestisseurs.fr/i [...] azy-malin/
n°66585869
Palpapille
Mais qu'est-ce tu dis ?
Posté le 21-08-2022 à 09:44:08  profilanswer
 

Quelques romans oubliés du vingtième siècle dont un de ceux que j'ai préféré depuis que j'ai commencé ces recherches :
 
Handji, Robert Poulet (1931) : deux officiers austro-hongrois perdu dans les marais inactifs du front russe se racontent leurs amours passées. Ils en viennent peu à peu à rêver à deux d’une femme mystérieuse et parfaite, bâtissant jour après jour son identité, son passé, sa silhouette, son visage… Puis un jour elle apparait dans leur baraquement, elle devient réelle, Handji n’est plus un fantasme partagé mais une femme silencieuse et fuyante qu’ils vont essayer d’apprivoiser ou d’aimer. C’est donc un roman qui appartient au genre du réalisme magique avec l’intrusion de ce personnage imaginaire dans la réalité de la guerre. Evidemment, personne n'est dupe. Les deux officiers savent bien qu’elle n’existe pas, qu’elle est l’avatar de leurs désirs. Mais peu à peu, la frontière se brouille et Handji pourrait bien les séduire tant que leurs créateurs en deviennent ses esclaves, chacun à leur façon. Le roman est assez complexe, poétique, métatextuel, original. Le traitement des personnages l’est tout autant, avec l’errance des points de vue, l’abondance de parataxe, la réalité viscérale et imprévisible de leurs pensées… Beaucoup de phrases marquantes (‘’le monde était un peu clair, mais absolument réel’’) et un rythme haché parfois difficile à suivre mais qui m’a semblé être une proposition très intéressante, un an avant le Voyage au bout de la nuit, paru chez Denoël aussi. Bref, j’ai vraiment bien apprécié. Dommage que l’auteur soit ensuite retourné à une forme de classicisme qui me donne moins envie d’approfondir.
 
« …C’était l’agitation des araignées qui captivait David. Cette agitation distribuée par fragments de secondes, transportée en grain de pollen sur des pattes minuscules, accumulée et dispersée dans des colloques. Pareille à l’incessante ouverture des fusées, une poussière vivante élargissait autour du nid son tranquille fourmillement. Tant d’yeux brillants, bien qu’invisibles, finissaient par faire paraître ceci : l’âme des araignées… A cette moisissure large comme la main, les microscopes de l’attention finissaient par imposer des dimensions urbaines. Regards, mouvements, antennes, traits, flottaient dans un ciel d’autre monde. On pouvait s’y enfoncer, s’y perdre sous les hypothèses et, tout à coup privés des privilèges de la proportion, serré entre des carapaces à demi désertes, voir jaillir de globes à facettes le témoignages d’une espèce de basse vie… La vie, sans ses retours, ses fautes, ses caprices. Et plus la vie pourtant qu’il n’en demeure sous l’assoupissement de la guerre, sur les lacs écrasés par l’image des soldats… Plus de vie qu’un homme seul n’en peut appeler dans un abri, n’en peut manifester par des gestes, des marches, des pensées : Usures d’une foudroyante vieillesse !... Les araignées recommencent, reviennent sans cesse, mais elles ne s’usent pas. Un solide, un affreux courage !... Pour David, cette ville velue déployée au fond de la fissure avait fini par s’envelopper d’une buée brillante, hérissée. Il s’y plongeait, la face énervée. C’était l’atmosphère même de l’ennui. »
 
 
Les Yeux d’Ezéchiel sont ouverts, Raymond Abellio (1949) : premier tome d’une trilogie pour un auteur qui n’a écrit que quatre romans. Dans celui-ci, Dupastre raconte son existence de la guerre d’Espagne jusqu’à peu après l’armistice de 1945. Prosaïquement, c’est une vie de politique, d’engagement, de combat, d’amitié et d’amour. Mais tout ceci n’est que prétexte historique à un roman de la pensée, roman à thèse, roman métaphysique encore une fois (Dupastre écrit d’ailleurs que l’avenir du roman ne pourra être que métaphysique), bref un pur roman d’intellectuel. On y trouve toute sorte de personnages : les marxistes assassins, les anarchistes terroristes, le religieux manipulateur, la femme fatale, le croyant aveugle (pas tant que ça d’ailleurs) et le désabusé qui a fait le tour de la question, qui se désengage de toute action mais pas de toute réflexion. C’est un roman à lire plusieurs fois à mon avis. L’écrivain est beaucoup trop intelligent pour que lecteur puisse flotter. Il y’a des discussions terribles et impensables. C’est à la fois philosophique et prophétique, apocalyptique et politique. Des tonnes de réflexions que je n’ai jamais eu, très imagées, très parlantes et pourtant très complexes. Si j’avais lu ça autour de mes vingt ans, j’aurais sûrement admiré l’auteur et surtout les perspectives intellectuelles que proposent ses personnages. C’en devient presque trop parfois car on a l’impression d’assister au combat du plus fin, du plus vif, du plus allégorique – mais ça n’enlève cependant rien à l’éventuelle pertinence des propos. Un seul passage plus mou dans lequel il n’est question que d’amour (mais ce doit être par goût personnel plus que par étude ratée du sentiment). Des tas de passages sont à retenir à propos du progrès de l’âme, de la fusion des dualités, de leur dépassement, d’un mystère de la pensée à résoudre, ainsi que, banalement, des prévisions qui se sont avérées vraies à propos de géopolitiques des années après la rédaction du roman. Encore une fois, il y’aurait beaucoup d’autres choses à dire mais je complèterai sans doute après ma lecture de La Fosse de Babel, le second tome que j’ai hâte de me procurer.  
 
« L’homme tire sa force de son besoin d’inconnu, qui le pousse sans cesse dans de nouveaux paysages livrés à ses peines. Malgré son effroi, l’intellectuel de 39 n’a vu dans la guerre qu’un festin d’étrange et puissante nouveauté, il n’y a assis ses paresses et acclimaté ses routines que pour mieux agrandir sa joie d’homme aux dimensions de l’angoisse du monde. Il a appelé la guerre du fond du cœur, même s’il ne le savait pas, comme il l’appellera désormais, et de plus en plus clairement. L’intelligence prend racine et prolifère de plus en plus dans le temps pourri et échevelé, grouillant de vie, de vertige et de sens, dans l’expérience sans cesse dépassée et multipliée. Et il existe une atroce et diabolique concordance entre les effets de la prétendue liberté de l’homme et le plan prémédité de Dieu. C’est Dieu qui a fixé depuis toujours l’échéance, et pourtant ce sera l’homme qui déclenchera le prochain déluge, un déluge par le feu, et il y admirera un acte de sa volonté libre et responsable. Là se tient le germe de cette ruse grandiose de Dieu, qui équilibre sans cesse et fait monter ensemble la joie et le désespoir, jusqu’à un paroxysme qui est un éclatement. »
 
 
Le Tour d’un monde, Jean Cau (1952) : c’est un roman que je n’ai pas vraiment compris. Pascal est à la fois un homme, un chien, un arbre, il voyage tout autour du monde donc mais toujours handicapé par un problème : il n’arrive pas à penser. Il a des intuitions, des sentiments, des informations corporelles (chaud/froid par exemple) mais il est incapable de construire une réflexion, même vaguement complexe. Pourtant il a une vie sociale car il a des Amis, qui l’aiment, le détestent, le comprennent, le moquent. Parfois, il essaye d’aller plus loin, de discuter pour en savoir plus mais, faute de suite dans les idées, la conversation s’épuise bien vite. Il le regrette mais passe à autre chose. J’imagine qu’il y’a du symbole dans tout cela mais je ne les ai guère compris. J’ai retrouvé quelques thèmes communs au roman d’Abellio : dualité âme/esprit, culpabilité de Dieu/salvation de l’homme par lui-même lorsqu’il deviendra à son tour un Dieu coupable… Mais encore une fois, là où Abellio en faisait le cœur du roman, ce n’est ici qu’effleuré et sans doute sous-entendu pour qui étudierait peut-être plus avant le livre, ce qui ne sera pas mon cas. Finalement, j’ai eu l’impression de lire une sorte de conte ou de fable pour adulte dont la fin, d’ailleurs, douce-amère, n’est guère plus claire que le reste. Je mise sur une communion homme et nature, mais sans certitude. N’en reste un style très agréable (mais pas aussi maîtrisé que dans Le meurtre d’un enfant).
 
« Ce matin-là, Pascal se réveiller l’esprit plus libre que jamais. Dans le jardin situé sous ses fenêtres, des enfants jouaient dont les ris et les jeux l’avaient tirés du sommeil. Ils jouaient avec de petites autos, des chevaux de bois et des soldats de plomb. Gargantuas d’un minuscule univers, ils ne soupçonnaient pas qu’un autobus, un vrai, conduit par un chauffeur fou allait défoncer les grilles du jardin  et les écraser comme pâte à gâteau ; ils ne soupçonnaient pas que de soldats, des vrais, cachés dans les bosquets du jardin allaient s’envoyer des grenades atomiques par amour contrarié de l’homme et de la liberté. Pascal s’appuya au balcon, très calme, puisque des catastrophes totales l’attendaient. »
 
 
La Nuit d’Orage, Geroges Duhamel (1927) : voici un roman de l’inquiétude. C’est peut-être encore un peu tôt dans le siècle pour qu’il soit purement métaphysique, alors l’auteur est encore asservi à une certaine forme de classicisme : la science s’oppose à la croyance. François Cros est un scientifique, de formation, de métier, de famille. Il se marie à la nièce d’un autre scientifique éminent. Peu après elle tombe malade. Sans explication sur ce mal, Cros finit par imaginer qu’un grigri quelconque offert à sa femme en serait à l’origine, contre toute vraisemblance, contre tout ce qu’il a toujours cru, sans parvenir à l’accepter, sans se résigner à agir, à le jeter pour conjurer le sort. Encore une fois il s’agit d’une confession. Le narrateur revient sur ses trois dernières années de trouble et tentent de clarifier la succession des évènements mais surtout de ses sensations et réflexions. Devant l’absence de remède médical pour sa femme il finira par devenir superstitieux à propos de tout et n’importe quoi. Mais il ne l’acceptera jamais ; il est un scientifique. Ainsi, il ne jettera jamais à la mer le grigri empoisonné alors qu’il est persuadé que c’est la solution pour sauver son épouse. Parmi les auteurs que j’ai découvert c’est clairement un auteur du passé. Métaphores polies, harmonie du ton, classicisme du style, de la ponctuation… Malgré tout, le traitement de la dualité science/croyance est intéressant et la plongée lucide (et honteuse) du confessé dans l’irrationnel aussi. Il y’a du parallèle avec l’affaire Dreyfus, du parallèle aussi entre la génération qui a fait la guerre et celle née trop tard pour faire la guerre mais peut-être méprisable ou défigurée pour cette raison. J’aurais d’ailleurs aimé un traitement plus vaste du second point. Roman plutôt intriguant donc et qui a fait évolué mon avis à propos de Duhamel que j’imaginais archi-classique (bien qu’il me semble avoir lu quelque part que ce titre était un peu dissonant dans sa bibliographie, ce pour quoi je l’avais choisi de mémoire).  
 
« J’ai fait la guerre, et je ne suis pas dépourvu de courage. Je suis capable de braver avec sang-froid la colère des hommes ou des éléments. Alors d’où me vient cette peur ? Car j’ai peur. Ou plutôt… Oh ! Comme je m’exprime mal ! Dire que j’ai peur n’est pas exact. Je suis immergé dans la peur, c’est elle qui m’a, qui m’imprègne. Si je respire, je la respire. Si je bois, je la bois. Elle se mêle à la lumière et colore tout ce que je regarde. Elle dénature jusqu’aux sons, jusqu’aux parfums. Une frayeur sans nom pèse maintenant, comme une nuée, sur ma demeure. Je ne saurais définir cette frayeur, mais il me semble que je commence à comprendre ce que les anciens nommaient fatalité. »
 
 
Pont-Egaré, Pierre Véry (1929) : Ce roman est un de ceux que l’auteur a écrit avant de se tourner définitivement vers une carrière dans le genre policier à tendance fantastique. Les motifs policiers ne sont donc pas encore présents ; ceux du second genre si. L’idiot du village rencontre sur son chemin la Bordelaise, une vache magique, plus proche du monde des fantômes que de celui des vivants. La poursuivant, car elle ne se laisse pas facilement attrapé, il parvient dans la bourgade périgourdine de Pont-Egaré et ainsi commence la romance à tendance magique des habitants et de leur village. Le livre est composé d’une succession de saynètes brodées autour d’un personnage ou d’une thème (le repas, les rêves…) écrite dans un style poétique, populaire et fantasmagorique si bien qu’on a peu à peu l’impression d’un cirque, d’une fable ou d’une ode au terroir de la région natale de l’auteur. C’est agréable à lire car il y’a de la fougue, de l’enthousiasme mais aussi de la cruauté. Cependant, c’est un peu trop nébuleux. J’ai eu l’impression d’un roman allégorique dont je n’ai pas découvert la figure utilisée. Cela reste donc agréable à lire, de bonne qualité, mais peut-être trop étroit et vague dans ses thèmes pour en faire un livre qui me laissera beaucoup de souvenirs.  
 
« A la queue leu leu, des prodiges sortent de terre, à l’étourdie. De grandes formes fantaisistes, en bottes de velours, errent dans l’herbe molle, prononcent à l’oreille du voyageur des paroles d’une courtoisie terrifiante. Des bougres patibulaires battent les cartes, jettent les dés, sous les branchages. D’élégantes crapules, une rose à la ceinture, un pistolet d’arçon au poing, arrêtent les carrosses, accostent douairières et jouvencelles, aux premières présentent l’escopette, la fleur aux secondes, à toutes deux des propositions déshonnêtes. Où est la raison ? Ne chercher plus la raison : elle court le guilledou. Par cette nuit frauduleuse, les routes aveugles s’étendent dans tous les sens, s’enfoncent vers des régions de perdition, des horizons d’herbes, de lagunes, de sables. Pont-Egaré, Ponteyraud, le Pymangou, le Landis, Ville-dieu, que signifient désormais tous ces noms ? Une notion d’infini s’établit dans les cerveaux, et les dévaste, dans les cœurs et les épuise. Les distances deviennent des distances d’étoiles. »


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Parce que y’a les chefs, y’a encore, y’a toujours des chefs. Tu crois que c’est de la vieille histoire mais non, faut qu’il reste de la vermine de caleçon pour se croire l’éjaculat du ciel.
n°66587257
Larry_Gola​de
In soviet russia
Posté le 21-08-2022 à 14:26:53  profilanswer
 

Palpapille a écrit :

Pont-Egaré, Pierre Véry (1929) : Ce roman est un de ceux que l’auteur a écrit avant de se tourner définitivement vers une carrière dans le genre policier à tendance fantastique.
« A la queue leu leu, des prodiges sortent de terre, à l’étourdie. De grandes formes fantaisistes, en bottes de velours, errent dans l’herbe molle, prononcent à l’oreille du voyageur des paroles d’une courtoisie terrifiante. »


Ca me donne l'impression d'être un peu dans la veine "fantastico-poétique" de certains récits de Barjavel (comme ce qu'on pourrait trouver dans Les enfants de l'ombre, par exemple). Si tu as lu du Barjavel, est-ce que c'est le cas ou juste une ressemblance superficielle?

Message cité 1 fois
Message édité par Larry_Golade le 21-08-2022 à 14:27:07

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Si on attend la dernière minute pour faire quelque chose, au moins ça ne prendra qu'une minute à faire.
n°66587776
biezdomny
Ma place est dans un musée !
Posté le 21-08-2022 à 15:44:30  profilanswer
 

De mon côté j'ai fini La survie des Juifs en France 1940-1944 que j'avais acheté sur un coup de tête après avoir écouté la série de docus récemment repassée sur France Culture, consacrée à la rafle du Vel' d'Hiv.

 

J'ai trouvé ça très très intéressant. C'est une version abrégée d'un livre plus gros et plus académique, et cette version (400 pages + annexes en poche) se lit très bien.  

 

La question principale est : comment se fait-il qu'une proportion importante (±75%) des personnes identifiées comme juives en France ont survécu à l'Occupation ? Et l'auteur aborde cette question sous un certain nombre d'aspects différents, à la fois par la « grande » et la « petite » Histoire. Il utilise des statistiques générales mais intercale dans son texte des épisodes de l'histoire de témoins récurrents, certains célèbres, d'autres non, qui ont raconté comment ils s'en étaient sortis.

 

Il dresse un bilan très nuancé et fait d'inégalités, entre autres entre les juifs apatrides ou étrangers, souvent très pauvres, parlant mal le français, déracinés et donc sans famille ou amis vers qui aller, mais conscients de ce qui les attend, et les juifs français (ou les Français israélites, parce que beaucoup ne sont pas pratiquants et se reconnaissent d'abord comme français) qui peuvent plus facilement se dissimuler et ont plus d'endroits où aller mais se méfient moins au début.

 

C'est un festival de débrouillardise, de chance parfois, de solidarité souvent, de petits gestes ou de réseaux organisés, de résistance passive ou active, de gens qui décident de faire comme s'ils n'avaient rien vu, ou alors de solidarité active. L'auteur note par exemple que, pour qu'une famille ne soit pas arrêtée dans un village, tout le monde doit coopérer, et qu'il suffit d'un délateur pour que tout échoue. Dans certains coins, pas de délation, les gens passent leur chemin et font comme si de rien n'était, et le temps passe et ça suffit. Dans un cas, une personne envoie une lettre de dénonciation mais le facteur l'intercepte et balance la balance. C'est plein de gens qui ont des amis ou des cousins complices, des voisins qui gardent les sous ou les meubles pendant que la famille émigre et tiennent les comptes, des collègues qui font semblant de racheter des entreprises pour les aryaniser, mais laissent le directeur juif en place officieusement, etc. Des faux papiers dans tous les sens, des gens qui ont du nez et se font faire un duplicata de carte d'identité et se retrouvent avec une tamponnée JUIF et pas l'autre.

 

Même le régime de Vichy est paradoxalement nuancé : rageusement antisémite, avec des dirigeants prêts à livrer gratos plus de gens ce que demandent les Allemands… mais qui est obligé de composer avec une opinion graduellement de plus en plus choquée, et donc est forcé de rétracter des projets de loi qui auraient été très meurtriers, par exemple, celui d'annuler toutes les naturalisations des quinze années précédentes pour fabriquer artificiellement des Juifs apatrides à livrer aux Allemands. Et aussi avec des services d'allocations qui marchent super bien, et donc nombre de Juifs pauvres qui arrivent à toucher des aides tout en étant persécutés, main gauche main droite tout ça.

 

C'est un peu la même avec les Français non-juifs, souvent présentés comme très antisémites et dont le silence a été décrit comme complice. Mais le silence c'est aussi ne pas balancer le voisin, une forme de résistance passive qui a permis à plusieurs des témoins de s'en sortir. L'auteur trouve un peu une limite au concept de Justes pour ça, d'ailleurs, qui donne l'impression qu'il y a quelques étoiles brillantes dans un paysage complètement hostile, et il nuance pas mal l'attitude de nombre de non-juifs, y compris des antisémites au départ, qui changent d'avis et sont complices de Juifs cachés parce qu'ils trouvent que tout de même là on exagère un peu. Ou pour faire chier les Boches, ce qui a l'air d'être une motivation récurrente parmi les gens à l'époque, on se demande pourquoi :o

 

À l'arrivée, on a un truc très multiple, avec des facteurs qui sont liés à l'histoire de France, notamment l'émancipation des Juifs à la Révolution et le fait qu'ils sont souvent des citoyens parmi d'autres, avec des réseaux de connaissances juives et non-juives, donc des soutiens potentiels, à l'inverse de la communauté juive hollandaise, qui est plus en relation avec elle-même et donc plus vulnérable. Il y a la dualité entre les zones occupée et libre, qui donne une porte de sortie pendant un bon moment, et le fait que le territoire est rural et peu dense dans certaines régions, ce qui rend plus facile de se planquer dans un tout petit village (tout en ayant besoin de complicités, puisque dans les petits villages tout le monde se connaît). Il y a la tension entre le régime de Vichy et les Allemands, entre le régime de Vichy et la population, entre les Allemands et les Italiens, ces derniers qui ne livrent pas les Juifs dans la zone qu'ils occupent, non pas par bonté d'âme mais parce qu'ils veulent s'en occuper eux-mêmes et pas donner l'impression d'obéir aux Allemands. Il y a des prises de position publiques de l'Église, et à plus petite échelle le rôle du curé du coin, de l'instituteur, du professeur. Il y a le fait que l'aide aux fugitifs est moins gravement sanctionnée que dans d'autres pays, comme la Pologne et l'Allemagne, où on peut être exécuté sommairement ou déporté.

 

L'auteur est très prudent sur pas mal de choses, parce que c'est un sujet difficile à aborder et qu'on s'intéresse souvent plus aux victimes qu'aux survivants, et que travailler sur les seconds peut donner l'impression qu'on minimise le sort des premiers. Il fait aussi très attention aux mots (juifs ? israélites ? le choix de « survie », etc.) et se tient loin de travers qu'on rencontre parfois :
- l'essentialisation des Juifs : juif ou pas juif… il y a des cas où c'est loin d'être évident, et des affaires judiciaires où les juges se prennent la tête sans jurisprudence pour essayer de déterminer si la persécution d'untel est légale ;
- le cliché de la France totalement antisémite et hostile (j'ai pas lu Paxton qui est cité pour ça), avec des chiffres généraux et particuliers, dont un des témoins qui dit qu'elle a compté au moins trente-neuf personnes différentes qui lui ont, par des « petits gestes », sauvé la vie autant de fois ;
- le cliché du Juif victime, qui est soit déporté comme un mouton, soit sauvé par un Juste, mais sans moteur ou volonté propre… et c'est plutôt réussi, vu la montagne d'astuce et de débrouillardise déployée dans les récits de certains.

 

J'oublie sûrement des trucs, mais c'était bien intéressant et, on va pas se mentir, ça fait du bien à lire aussi.

Message cité 2 fois
Message édité par biezdomny le 21-08-2022 à 15:45:15

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Expos et muséesÉgyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°66587778
Alkhar
Posté le 21-08-2022 à 15:44:42  profilanswer
 

Bonjour, vous avez une saga audio a recommandé ?  
Disponible sur audible ?  
Merci


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[ACH] Brompton 3-6 vitesses / [TU] Brompton
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