| Tietie006 |
Sur Mélenchon :
"Sur le plan politique, l'absence de véritable radicalité économique, le refus de prôner une franche sortie de l'euro, à sans doute suffi à Mélenchon comme une variété supplémentaire de candidature socialiste, avec son mélange de grands principes et d'absence de propositions concrètes. Si l'électorat porte bien l'empreinte du monde ouvrier communiste, les cadres et les sympathisants actifs de Mélenchon sont proches de la fonction publique, plus précisément de l'Etat social à la française, par et pour les classes moyennes[...] Le populisme version Mélenchon échoue à séduire le grand Bassin parisien, l'espace individualiste égalitaire. […] Du point de vue anthropologique, JL Mélenchon n'a pas sur trouver l'espace révolutionnaire central, au contraire de Mme Le Pen, et son fondamentalisme républicain tourne à vide" p.165_166.
Critique : Todd parle très peu de la gauche du PS, dans son bouquin, et il voit dans le FdG le porte-parole de la classe moyenne, qui d'après Todd est arque-boutée sur ses privilèges (ici de fonctionnaire) ce qui n'autorise aucune radicalité économique. Marine Le Pen ne me semble pas non plus très radicale, économiquement parlant, et peu claire quant à la sortie de l'UE et de l'euro, deux prérequis, pour Todd, que l'on ne retrouve pas dans le programme du FN, même si on a l'impression du contraire quand on les entend dans les médias. Quant à l'analyse anthropologique pour expliquer les pratiques électorales des français, je ne vois pas trop la pertinence ici. Marine a plus de succès que le FdG, car taper sur l'étranger dans un monde qui se mondialise et qui est donc anxiogène, c'est toujours rentable, surtout dans un contexte sécuritaire tendu. Beaucoup plus difficile de percer lorsqu'on s'appuie surtout sur des réformes économiques et politiques (6eme république) pour séduire les français.
Et "le fondamentalisme républicain de Mélenchon" qui tournerait à vide, pour Todd, je ne saisis pas vraiment ce qu'il sous-entend. |