| Borabora |
Puisque de nombreux posts sur différents topics posent la question "comment se faire éditer ?", j'inaugure un sujet dédié au marché du livre. Je ne sais pas si ça intéressera grand monde, mais ça permettra au moins de rappeler aux impétrants écrivains que les décisions des éditeurs face à des manuscrits (ou tapuscrits... enfin peu importe) ne dépendent pas que de la qualité de ces derniers, mais aussi d'une économie complexe et d'une chaîne complète.
Pour démarrer le topic, une info plutôt pas bien drôle. Je vous invite à lire (vite, car il passera en archives payantes) cet article du Monde :
Mauvaise année pour la librairie indépendante.
Citations :
Citation :
C'est un mauvais millésime qui s'annonce pour les librairies indépendantes qui représentent un quart du commerce du livre en France : sans doute le pire depuis une décennie.
(...)
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Précision : 1/4 seulement du commerce du livre mais une proportion énorme de l'assortiment disponible. En effet, les Points Hachette, les super-marchés etc. font beaucoup de chiffre, mais avec un nombre de titres minuscule.
Citation :
(...) Par secteur, les résultats sont aussi contrastés. Les livres pour la jeunesse et la bande dessinée continuent de se développer, les beaux-arts et les sciences humaines souffrent, en revanche. La littérature française se vend moins bien que la littérature étrangère. Plusieurs libraires notent une "crise de confiance du lectorat" et diagnostiquent "une crise de la prescription".
Il y a aussi des modifications substantielles dans les pratiques de consommation qui ne sont pas ou peu anticipées par les libraires. Parmi les nouveaux loisirs, Internet et la téléphonie mobile sont des concurrents de plus en plus en plus présents. Ils sont à la fois consommateurs de temps et d'argent. Les ventes couplées avec la presse sont aussi pointées.
(...)
les libraires se plaignent de la profusion des titres (4 000 par mois) qui amoindrit la diversité et entraîne une augmentation du taux de "retours" (les invendus renvoyés à l'éditeur) passé en moyenne de 22 % à 24 %.
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Nuançons le tableau : malgré ces mauvais résultats 2005, la librairie indépendante se porte relativement bien en France. Essentiellement, il faut le dire, parce qu'elle est très protégée. Sinon, elle aurait rejoint depuis 25 ans les disquaires au paradis des petits commerces culturels. ;)
Edit : je rajoute encore cette citation, qui rappelle le rôle colossal joué par les mega-best-sellers :
Citation :
Moins 9 % en juin, 2 % en juillet, 0,5 % en août, 1,5 % en septembre, l'année 2005 n'aura connu qu'un mois d'embellie : octobre, avec + 7 %. Cette bonne performance est due au lancement quasi concomitant du tome VI d'Harry Potter et du dernier album d'Astérix.
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